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Gabon : le clan Anouva désavoue le roi «autoproclamé» Yannick Abdoulaye Mbourou  

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Le climat social est électrique au sein de la communauté Anouva, l’un des groupes ethniques Galoa les plus emblématiques du Moyen-Ogooué. Ce jeudi 14 mai, les membres du clan, avec à leur tête Edme Obezo, chef de famille, ont tenu un point de presse pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’« usurpation » et de « dérive grave » pour la cohésion de leur communauté.

Au cœur du conflit : l’auto-proclamation de Yannick Abdoulaye Mbourou en tant que roi des Anouva. Une démarche jugée illégale et infondée par les gardiens de la tradition. Lors de son allocution, Edme Obezo a été catégorique : « Ces individus, quelles que soient leurs prétentions, sont extérieurs au clan Anouva et ne disposent d’aucune autorité. Leur cabale est sans fondement, sans droit et sans avenir. »

Le chef de famille, soutenu par d’autres figures de la communauté, a appelé les autorités administratives et politiques du pays à la plus grande vigilance face à cette situation qui menace le « vivre-ensemble ».

Le soutien indéfectible des « Mères du Clan »

La contestation a pris une dimension solennelle avec l’intervention des mères du clan, venues spécialement du Moyen-Ogooué pour rétablir la vérité ancestrale. Dépositaires de la mémoire et gardiennes des rites, elles ont tenu à réaffirmer leur soutien au roi qu’elles reconnaissent comme légitime : Alex George Rawiri.

Angelina Tsa Menze, responsable du clan, a exprimé avec force la position des femmes : « Nous sommes ici pour légitimer notre fils, victime d’une cabale. En tant que descendants de la lignée royale, nous exigeons que ces agissements cessent immédiatement. », a-t-elle martelé. 

Un enjeu culturel majeur

Les Anouva font partie du grand ensemble linguistique et culturel Myènè. Historiquement établis autour de la ville de Lambaréné, leur structure sociale repose sur des lignées royales strictes et des rites séculaires. Cette dissension met en lumière la fragilité de certaines chefferies traditionnelles face aux ambitions individuelles à l’ère moderne.

Pour l’heure, le clan Anouva espère que cette mise au point publique suffira à clore le débat et à préserver l’unité d’un peuple fier de son héritage.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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