Gabon : vers des sanctions disciplinaires pour le non-respect du port de la tenue africaine
Annoncée lors du Conseil des ministres du 30 avril dernier, la mesure instituant l’obligation pour l’ensemble des agents publics civils de porter une tenue africaine, chaque vendredi ouvrable, pendant les heures de service et dans tous les locaux affectés au fonctionnement des services publics a officiellement été promulgué le 6 mai 2026 via le décret n°0215/PR du Ministère de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement Culturel et des Arts. Dans la foulée, les autorités préviennent : tout manquement à cette règle sera désormais sanctionné par la hiérarchie administrative.
L’heure n’est plus à la simple incitation culturelle, mais à la discipline administrative. Le décret n°0215/PR, pris en application de l’article 95 de la Constitution, instaure un cadre réglementaire rigoureux visant à imposer l’identité nationale au cœur de l’État. Si l’objectif affiché est la promotion du patrimoine et de l’artisanat local, le texte met un accent particulier sur le caractère obligatoire de la mesure pour l’ensemble des agents de l’administration publique.
Pour garantir l’effectivité de cette réforme, le décret délègue un pouvoir de contrôle direct aux responsables administratifs. Le respect du code vestimentaire du vendredi est désormais placé, selon l’article 5, sous le contrôle des supérieurs hiérarchiques, notamment « les chefs de service, directeurs, directeurs généraux et, de manière générale, toute autorité investie d’un pouvoir d’encadrement administratif » . Ces derniers ont pour mission de veiller à ce que chaque agent arbore les tenues admises, telles que le pantalon et la chemise en pagne pour les hommes, ou la grande robe brodée et le pagne d’apparat pour les femmes.
Des sanctions au nom de l’éthique publique
A noter que le non-respect de ces dispositions n’est pas sans conséquence. Le Président de la République a rappelé que l’administration doit désormais être orientée vers les résultats et la discipline. Dans cette optique, tout refus de se conformer au port de la tenue africaine est considéré comme un manquement à l’éthique et à la déontologie du service public.
Les contrevenants s’exposent à des mesures disciplinaires dont le suivi pourrait être centralisé par la nouvelle Commission de discipline du Ministère de la Fonction Publique, chargée d’harmoniser les sanctions et de sécuriser les décisions administratives. L’objectif est clair : mettre un terme à l’impunité et assurer une « redevabilité systémique » au sein des institutions.
Une exception pour les corps spécifiques
Il est à noter que ces sanctions ne concernent pas les agents dont la tenue est déjà prescrite par des textes spécifiques, notamment les Forces de Défense et de Sécurité. Pour tous les autres, l’exemplarité vestimentaire est désormais une composante intégrale de la performance publique attendue par le Chef de l’État.










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