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Le jour où l’Afrique francophone a perdu son Big Four, et ne s’en est pas aperçue

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En mars 2025, PwC retirait sa marque des pays d’Afrique francophone subsaharienne. Le marché a cru à un vide. Il n’y en avait pas. Quinze anciens associés avaient déjà repris la main, d’abord sur 9 pays, aujourd’hui sur 14. Ils n’en ont rien dit pendant douze mois.

Un continent sans filet

Mars 2025. PwC annonce le retrait de sa marque des pays d’Afrique francophone subsaharienne. En quelques lignes, tout un écosystème du conseil et de l’audit perd ses repères. Les entreprises du continent avaient pris l’habitude d’un maillage solide, de standards homogènes, de méthodes éprouvées, d’une signature que personne ne discutait. 

Tout cela disparaît d’un coup

La brutalité de la nouvelle tient moins au symbole, la sortie d’un Big Four, qu’à la question très concrète qu’elle pose aux opérateurs, immédiatement et sans délai de grâce : qui les accompagne, maintenant ? Le secteur a passé un an à commenter le départ. La réponse, elle, existait déjà. Elle avait simplement décidé de ne pas se présenter.

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Neuf pays, puis quatorze

Les anciens associés et directeurs de PwC Tax & Legal n’ont pas attendu que le vide se creuse. Ils ont choisi de poursuivre ensemble, sous un autre nom, puis de se taire. Pas de conférence de presse, pas de campagne, pas de communication tonitruante. Un silence volontaire, presque déroutant dans un secteur où le moindre mouvement stratégique se met en scène.

Le point de départ était un regroupement opérationnel dans 9 pays. Mansa Tax & Legal en couvre aujourd’hui 14, grâce à un maillage qui combine implantations physiques et interventions coordonnées entre bureaux.

Cinq juridictions de plus. Le mouvement n’était donc pas défensif, il était expansif. Et il ne s’agissait pas de continuer sans le logo : l’ambition affichée est celle d’une refondation, pas d’une continuation.

La carte, et ceux qui la tiennent

Derrière les 14 juridictions, il y a des noms. Olivier Minko M’Obame au Gabon, Mahi Hamet Kane au Sénégal et en Mauritanie. Laurent Pommera en République Démocratique du Congo. Ami Ravelomanana à Madagascar. Sinforiano Ngomi Elomba en Guinée Équatoriale. Bernard Noutsawa et Patrick Nkamgnia au Cameroun et au Tchad. La Côte d’Ivoire, elle, a rejoint le dispositif récemment.

Autour de ce noyau fondateur, sept autres associés : Marlyne Nzailu et Tarin Muhongo en République Démocratique du Congo, Aurélien Djoufain au Cameroun, Jose Mbara Richard, Zenika Sanogho et Anne Marie Tientcheu en Guinée Équatoriale, Noussaina Ndiekhor au Tchad.

Quinze associés, une centaine de collaborateurs, tous anciens de PwC Tax & Legal. Ce réseau n’est pas un agrégat de cabinets rassemblés par circonstance. C’est une architecture.

Ce qui ne se rebâtit pas, et ce qui se rebâtit

Une marque ne se reconstruit pas. Une gouvernance, si. Et c’est là que s’est jouée la vraie bataille, bien au-delà de la reprise d’une activité : rebâtir un modèle de gouvernance réellement indépendant, réellement africain dans son contrôle comme dans son ancrage, et non africain de façade. Puis l’assortir d’une architecture volontairement spécialisée sur les seules questions fiscales et juridiques.

Chaque bureau est enraciné dans son marché. Chaque bureau est astreint au même socle : pratiques communes, standards communs, méthodologie, formation, contrôle qualité. La responsabilité est locale, la discipline est collective. Le cœur des interventions repose sur trois disciplines : la fiscalité locale et internationale, le droit des affaires, la conformité réglementaire et la gouvernance. Dans des environnements où les textes évoluent vite, où la pratique administrative varie d’un pays à l’autre, où la jurisprudence devient un outil d’interprétation central, cette spécialisation n’est pas un luxe. C’est une nécessité.

Douze mois de dossiers, aucun communiqué

Pendant que le secteur commentait, les équipes travaillaient. Restructurations de groupes internationaux. Négociations techniques avec les administrations. Projets de conformité liés au durcissement des exigences de gouvernance. Analyses de risques juridiques dans des secteurs régulés.

Chaque dossier a servi de test grandeur nature. Décider vite, intégrer les particularités d’un pays, s’appuyer sur des experts véritablement enracinés, coordonner plusieurs juridictions sans perdre l’homogénéité des standards. Dans des environnements réglementaires hétérogènes, ces réflexes ne s’improvisent pas. Cette agilité a été décisive.

En Afrique, le texte ne suffit jamais

Le droit et la fiscalité des affaires suivent les textes, mais ne s’y arrêtent pas. Ce qui décide de l’issue d’un dossier, c’est la pratique administrative, la vitesse réelle de mise en œuvre des réformes, l’écart entre doctrine fiscale et réalité économique, les contraintes propres à un secteur, parfois les enjeux politiques ou conjoncturels.

D’où une règle de maison : la norme n’est jamais lue seule, elle est replacée dans son environnement d’application. C’est ce qui permet d’anticiper une évolution législative, d’éviter un risque contentieux, d’éclairer un arbitrage d’investissement, d’optimiser la structure d’un groupe, de sécuriser une opération transfrontalière.

Sur un continent où l’incertitude réglementaire peut constituer un frein majeur à l’investissement, cette lecture fine vaut avantage comparatif.

Un nom qui dit exactement ce qu’il veut dire

Mansa renvoie aux souverains d’Afrique de l’Ouest. Le choix n’a rien d’anodin et le message est explicite : exercer un conseil exigeant, responsable, enraciné et souverain.

Dans un marché encore largement tenu par des acteurs internationaux, le cabinet revendique un modèle hybride : standards de qualité internationaux, compréhension profonde des réalités locales, indépendance de gouvernance totale.

Reste que le conseil juridique et fiscal engage une signature et une réputation. Mansa Tax & Legal dit porter cette responsabilité avec une exigence élevée : précision, transparence, cohérence, maîtrise des risques.

Maintenant, ils parlent

Un an après sa création, Mansa Tax & Legal sort du silence. Non pour annoncer un projet, mais pour exposer un modèle déjà éprouvé sur le terrain. Héritier de l’expérience PwC Tax & Legal et fondamentalement renouvelé, le réseau porte une vision : un cabinet réellement panafricain, réellement indépendant, spécialisé, dont les associés sont enracinés dans leurs environnements humains, économiques et réglementaires.

L’Afrique change à grande vitesse. Les textes évoluent, les administrations se modernisent, les contrôles se renforcent, la conformité devient stratégique. Le réseau entend s’inscrire durablement dans cette transformation, avec un objectif qu’il résume en trois verbes : accompagner, sécuriser, éclairer.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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