Interdiction de boissons artisanales : les commerçants à domiciles impactés ?
À Libreville, la décision de l’Agence Gabonaise de Sécurité Alimentaire (AGASA),interdisant la vente de boissons artisanales suscite de nombreuses réactions. Dans les quartiers populaires, la vente de boissons artisanales constitue une source de revenus non négligeable. Jus de bissap, de gingembre, lait caillé ou encore glaces en sachet font partie du quotidien de nombreux ménages, qui y trouvent à la fois une activité économique et une solution d’accès à des produits à moindre coût.
Dans un communiqué publié le 4 mai 2026, l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) a annoncé l’interdiction formelle de la production, de la commercialisation et de la distribution de ces boissons lorsqu’elles sont fabriquées dans des conditions artisanales. L’institution justifie cette mesure par des manquements graves aux règles d’hygiène observés lors de contrôles, exposant les consommateurs à des risques sanitaires importants.
Une mesure aux conséquences sociales
Sur le terrain, cette décision pourrait fragiliser de nombreux petits commerçants opérant à domicile. Dans plusieurs quartiers, ces activités informelles représentent une source essentielle de subsistance, en particulier pour les femmes et les jeunes sans emploi stable. L’interdiction brutale, sans période transitoire clairement définie, soulève des inquiétudes quant à la perte immédiate de revenus et à l’absence d’alternatives. Mais une question se pose, comment l’Agasa va-t-elle assurer le contrôle dans ces commerces à domicile?
Si dans les artères de la ville il sera facile de détecter les vendeurs ambulants et de prendre des sanctions, la tâche ne le sera pas à tous les niveaux. L’autorité de sécurité alimentaire va-t-elle entrer dans les cuisines des domiciles privés pour s’assurer du respect de cette décision ? Si la protection des consommateurs demeure une priorité légitime, une communication plus détaillée ainsi qu’un accompagnement progressif pourraient favoriser une meilleure adhésion des acteurs du secteur et clarifier les contours de cette réforme.









GMT TV