Haut-Ogooué : Pacôme Kossy et Chaning Zenaba accélèrent la structuration de la filière manioc à l’USTM
En mission dans le Haut-Ogooué le 23 avril 2026, les ministres Pacôme Kossy et Chaning Zenaba ont lancé, avec le soutien du fonds IBSA et du PNUD, une plantation expérimentale de manioc à l’INSAB. Objectif : structurer une filière stratégique, renforcer l’employabilité des jeunes et stimuler l’entrepreneuriat agricole au Gabon.
En déplacement dans le sud-est du pays, les autorités gabonaises entendent donner un coup d’accélérateur à la transformation du secteur agricole. La visite conjointe du ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, et de la ministre du Commerce et de l’Entrepreneuriat, Chaning Zenaba, à l’Institut National Supérieur d’Agronomie et de Biotechnologies (INSAB), s’inscrit dans cette dynamique de relance productive.
Le manioc, pivot stratégique de la souveraineté alimentaire
Au cœur de cette mission : le lancement d’un champ expérimental de manioc, en présence des partenaires du Fonds Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBSA) et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Une initiative présentée comme un levier de structuration de la chaîne de valeur agricole. Dans un contexte de dépendance alimentaire persistante, le manioc apparaît comme une culture stratégique pour le Gabon. Facilement adaptable aux conditions locales, il constitue un produit de base à fort potentiel de transformation industrielle et de création de valeur.
Pour Pacôme Kossy, « cette initiative vise à consolider le capital humain, encourager l’innovation au sein de l’USTM et stimuler l’entrepreneuriat agricole ». Le membre du gouvernement insiste sur la nécessité de structurer un secteur privé agricole capable de porter durablement la transformation du secteur. Cette approche traduit un changement de paradigme : passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture entrepreneuriale, intégrée dans des chaînes de valeur compétitives.
Une logique d’écosystème : formation, innovation et marché
Au-delà de la production, l’enjeu réside dans la structuration complète de la filière. Chaning Zenaba a ainsi mis en avant la mise en place d’un incubateur destiné à accompagner les jeunes porteurs de projets agricoles. « Notre ambition est d’accompagner les initiatives, notamment à travers un dispositif d’incubation et un soutien à la commercialisation des produits », a-t-elle indiqué, soulignant l’importance de connecter la production aux marchés.
Cette articulation entre formation, innovation et débouchés économiques constitue un facteur clé de réussite, dans un pays où les difficultés d’accès au financement et aux circuits de distribution freinent encore l’essor du secteur agricole.
Le rôle des partenaires techniques dans la montée en puissance
La présence du fonds IBSA et du PNUD illustre la dimension internationale de cette initiative. Pour Rokya Ye Dieng, représentante résidente du PNUD, « cette action contribue à la structuration de la chaîne de valeur du manioc grâce au transfert de technologies, à l’appui aux coopératives et au renforcement de l’employabilité des jeunes ». Cet appui technique et financier apparaît déterminant pour accompagner la montée en compétence des acteurs locaux et assurer la viabilité des projets agricoles.
En amont du lancement de la plantation, les échanges avec le corps professoral et les étudiants de l’USTM ont permis de mesurer l’attente d’une jeunesse en quête d’opportunités concrètes. Les membres du gouvernement ont tenu à rassurer sur leur engagement à soutenir les initiatives portées par les jeunes.
Un test pour la politique agricole gouvernementale
Le lancement de ce champ expérimental, au-delà de sa portée symbolique, constitue un test grandeur nature pour la stratégie agricole du gouvernement. La réussite de cette initiative dépendra de sa capacité à être répliquée à plus grande échelle et à générer des impacts économiques mesurables.
Dans un contexte où la diversification de l’économie demeure un impératif, la structuration de filières comme celle du manioc pourrait contribuer à réduire la dépendance aux importations, tout en créant des emplois durables. Reste désormais à traduire ces ambitions en résultats concrets. Car c’est bien sur le terrain, et dans la durée, que se jugera la crédibilité de cette offensive agricole.









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