Gabon : vins, champagnes et tabac vont coûter plus cher en 2026
C’est une pilule amère que devront avaler les consommateurs gabonais. Actuellement débattue au Parlement, la loi de finances rectificative (LFR) 2026 prévoit une nette revalorisation des droits d’accises applicables aux boissons alcoolisées et au tabac. La mesure, portée par le nouvel article 250 de ce texte budgétaire, survient alors que l’État doit composer avec des recettes en recul. En subissant un rabotage de près de 863 milliards de FCFA, le budget global passe de 6 358,9 milliards à 5 495,2 milliards de FCFA, contraignant le gouvernement à dénicher en urgence de nouvelles rentrées fiscales.
Pour remplir ses caisses, le Trésor public déploie un système d’imposition combinant un taux ad valorem et un montant fixe par unité. Cette stratégie assure un niveau minimal de prélèvement, quelles que soient les fluctuations du marché.
Les boissons maltées et les bières locales se voient désormais appliquer un taux de 22 %, assorti d’une taxe supplémentaire de 60 FCFA par litre. L’addition s’avère nettement plus salée pour les alcools importés : les vins supportent 32 % de taxe augmentés de 1 750 FCFA le litre, tandis que le champagne voit sa surtaxe atteindre 2 250 FCFA par litre. Quant aux produits du tabac, incluant cigarettes, chichas et vapoteuses, ils franchissent la barre des 35 % d’imposition, couplés à une taxe spécifique portée à 450 FCFA le paquet.
Santé publique et rigueur budgétaire
En durcissant sa fiscalité sur ces biens de consommation courante, l’exécutif vise un double bénéfice. Au besoin pressant d’équilibrer les comptes nationaux face à la contraction des revenus pétroliers s’ajoute une volonté affirmée de santé publique. Ce coup de vis sur le tabac s’inscrit en effet dans le prolongement de la récente offensive menée par la DGCCRF contre les alcools en sachet, réputés pour leur forte nocivité.
Quel impact dans les verres et les portefeuilles ?
Dans les étals des commerces, les bars et les restaurants, la répercussion de ces barèmes sur les prix de vente semble inévitable. Importateurs et distributeurs ajusteront leurs tarifs pour absorber cette surcharge fiscale, au détriment des clients.
Si les alcools fins et le tabac paieront le plus lourd tribut, la bière produite localement s’en tire avec une hausse modérée. Un arbitrage pragmatique de l’État qui évite de fragiliser les industriels nationaux tout en ciblant prioritairement les produits importés et nocifs pour la santé.










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