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Gabon : La BEAC exhorte Libreville à moderniser la SOGARA pour limiter les importations de carburant

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Malgré son statut d’acteur pétrolier majeur en Afrique centrale, le Gabon fait face à une anomalie économique persistante : sa dépendance aux importations de produits raffinés. Face à cette vulnérabilité, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) pousse les autorités de Libreville à accélérer la modernisation de la Société Gabonaise de Raffinage (SOGARA), une démarche jugée cruciale pour soulager les finances publiques et préserver les réserves de change sous-régionales.

Comme le souligne le média financier Sika Finance, l’alerte a été formulée dans la note de la BEAC consacrée à l’évolution de l’inflation et aux perspectives économiques de la zone CEMAC. Bien que le pays extrait quotidiennement d’importants volumes de brut, les capacités limitées et le vieillissement des installations de la SOGARA contraignent l’État à acheter massivement de l’essence et du gasoil sur les marchés internationaux.

Cette situation expose directement l’économie gabonaise aux soubresauts de la conjoncture mondiale. Les tensions géopolitiques et la volatilité des cours internationaux font grimper la facture énergétique, pesant lourdement sur la balance commerciale de la nation et accentuant la pression sur les réserves monétaires gérées par la banque centrale.

L’urgence d’une mise à niveau industrielle

Pour sortir de cette impasse, l’institution d’émission préconise un investissement ciblé dans la modernisation de la raffinerie de Port-Gentil. La BEAC recommande notamment l’acquisition d’équipements technologiques de pointe, comme un hydrocraqueur, indispensable pour accroître le rendement en carburants « blancs » et transformer une plus grande part du pétrole brut local en produits consommables.

Une telle mutation permettrait à la SOGARA d’alimenter plus efficacement le marché domestique et de réduire progressivement des subventions énergétiques qui grèvent le budget national.

Des arbitrages budgétaires très attendus

L’appel de la BEAC place désormais la balle dans le camp du gouvernement gabonais. L’enjeu dépasse le cadre strictement technique : il s’agit d’un choix stratégique de souveraineté économique et de sécurité énergétique.

Les observateurs et les acteurs des marchés financiers scruteront avec attention les prochains arbitrages du Projet de Loi de Finances (PLF) pour vérifier si cette recommandation prioritaire se traduira par des engagements budgétaires concrets. Pour le Gabon, réussir le virage du raffinage local constituerait un levier majeur de stabilisation macroéconomique pour les années à venir.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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