Gabon : suspension des élections sportives, l’État lance une opération vérité dans les fédérations
Le gouvernement a décidé de suspendre les processus électoraux au sein du Comité national olympique et de certaines fédérations, dont la FEGAFOOT. En toile de fond, une volonté affichée d’assainir un secteur miné par des irrégularités administratives et un déficit de crédibilité.
Réuni en Conseil interministériel ce 14 avril, l’exécutif a pris une décision lourde de conséquences pour le sport national : mettre un coup d’arrêt aux élections au sein du Comité national olympique gabonais et de la Fédération gabonaise de football. Une mesure qui traduit un changement de cap dans la gouvernance du sport au Gabon. Selon les autorités, cette suspension s’impose face à une réalité préoccupante : de nombreuses structures sportives évolueraient en marge des exigences légales, fragilisant l’ensemble de l’architecture institutionnelle du secteur.
Un secteur miné par des irrégularités persistantes
Le diagnostic posé par le gouvernement est sans appel. « Le recensement des organisations sportives a […] relevé des manquements significatifs aux obligations légales », a déclaré Hermann Immongault. Au cœur des dysfonctionnements : absence d’agréments techniques, non-conformité administrative, opacité dans la gestion interne. Autant de failles qui, selon l’exécutif, rendent impossible la tenue d’élections crédibles.
« Il ne saurait être question de se déployer dans des processus électoraux dans un cadre qui ne garantit ni la régularité ni la crédibilité des instances concernées », a martelé le Coordonnateur de l’action gouvernementale. Cette position marque une rupture avec les pratiques antérieures, souvent critiquées pour leur manque de transparence et leur faible ancrage réglementaire.
Un guichet unique pour remettre de l’ordre
Pour sortir de cette impasse, le gouvernement mise sur un dispositif exceptionnel : la création d’un guichet unique de régularisation. Prévu pour une durée de six mois, ce mécanisme vise à centraliser et accélérer le traitement des dossiers des associations et fédérations sportives. L’objectif est double : permettre aux structures de se mettre en conformité dans des délais encadrés, tout en instaurant une base saine pour la relance des activités électives. « Ce dispositif permettra […] de régulariser leur situation administrative », a précisé Hermann Immongault, insistant sur la nécessité d’une transition maîtrisée.
Conscient des enjeux internationaux, le gouvernement appelle également à l’implication des grandes instances sportives mondiales telles que le Comité international olympique, la Fédération internationale de football association et la Confédération africaine de football. Ces partenaires sont invités à « accompagner cette dynamique de réformes dans un esprit de responsabilité partagée », afin d’éviter toute sanction ou isolement du sport gabonais sur la scène internationale.
Cette opération d’assainissement s’inscrit dans une vision plus large portée par Brice Clotaire Oligui Nguema, axée sur la transparence et la rigueur dans la gestion des institutions. Au-delà des enjeux administratifs, c’est la crédibilité même du sport gabonais qui est en jeu. Car sans gouvernance fiable, ni conformité réglementaire, aucun projet de développement durable ne peut prospérer. Reste désormais à savoir si cette volonté politique forte se traduira par une réforme effective et durable, ou si elle se heurtera, une fois de plus, aux résistances internes d’un secteur longtemps laissé à lui-même.









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