Gabon : seules 115 487 personnes vivant avec un handicap ont accès à un emploi stable

Au Gabon, l’accès à un emploi digne demeure un parcours semé d’embûches pour les personnes vivant avec un handicap. L’Enquête Nationale sur l’Emploi et le Chômage (ENEC 2024) lève le voile sur une réalité sociale contrastée, où la volonté d’insertion professionnelle se heurte encore à de profonds obstacles structurels. Sur une population en âge de travailler estimée à 337 809 personnes présentant un handicap, seules 115 487 d’entre elles occupent un emploi stable.
Loin d’être homogène, la situation varie grandement selon la nature de la déficience. Les personnes souffrant d’un handicap visuel paient le tribut le plus lourd sur le plan de l’exclusion, représentant à elles seules la majorité de la population touchée soit 188 189 individus.
Les données chiffrées de l’enquête mettent en lumière une précarité flagrante : le taux de chômage des personnes en situation de handicap mental culmine à 18,6 %, suivi de près par les handicaps visuels soit 14,9 % et auditifs 14,5 %. À l’inverse, les personnes touchées par un trouble psychique affichent un taux de chômage plus bas de 7,0 %, mais cette statistique s’explique principalement par une sortie massive du marché du travail plutôt que par une insertion réussie.
Le défi de la participation active
L’autre grand indicateur de cette étude concerne le taux de participation à la main-d’œuvre, fixé globalement à 39,8 % pour cette catégorie de la population. Une analyse plus fine révèle des disparités de genre et de milieu de résidence notables. Les hommes en situation de handicap participent davantage au marché de l’emploi avec 46,5 % que les femmes 36,2 %. De plus, le milieu rural montre un dynamisme paradoxal avec un taux d’activité de 40,8 % contre 39,6 % en zone urbaine, souvent porté par des activités agricoles de subsistance.
L’instruction s’affirme comme le principal levier d’émancipation économique. En effet, « le taux de participation à la main-d’œuvre est de 12,6 % chez les personnes sans niveau d’instruction […] et atteint un niveau supérieur, soient respectivement 67,1 % et 65,8 % » pour les titulaires d’un diplôme du supérieur ayant un handicap moteur ou visuel.
Vers une inclusion réelle et durable
Face à ce constat, le Code du Travail gabonais impose un cadre réglementaire strict pour favoriser l’aménagement des postes et la formation continue. Néanmoins, sur le terrain, les professions occupées restent majoritairement concentrées dans l’agriculture, le commerce de détail ou les postes administratifs subalternes.
Pour inverser la tendance et valoriser les compétences de chacun, l’accélération des programmes d’emploi accompagné devient une urgence nationale.









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