Gabon : réfection d’écoles, Geoffroy Foumboula dénonce des « intimidations » contre des chefs d’établissement
Geoffroy Foumboula Libeka Makosso monte au créneau après avoir été informé que certains responsables d’établissements scolaires publics ayant bénéficié de travaux de réfection financés sur ses fonds propres auraient été invités par leur hiérarchie à fournir des demandes d’explication. Dans une déclaration rendue publique, le fondateur de l’ONG ÉDUCAF défend une démarche exclusivement civique et revendique le droit de contribuer à l’amélioration des conditions d’apprentissage des élèves. Des affirmations qui, en l’absence de réaction de l’administration de l’Éducation nationale, restent toutefois à confronter à la position de celle-ci, notamment sur les procédures encadrant les interventions privées dans les établissements publics.
Toilettes, eau, électricité, salles informatiques ou travaux de réfection : depuis plusieurs années, Geoffroy Foumboula affirme consacrer une partie importante de ses ressources personnelles à plusieurs écoles de Libreville, notamment à Kinguélé, Belle-Vue 2 et désormais Mont-Bouët. Une mobilisation qu’il présente comme l’expression de sa « Responsabilité sociétale des personnalités (RSP) », mais qui serait, selon lui, à l’origine de pressions exercées sur certains chefs d’établissement bénéficiaires.
Des demandes d’explication qui interrogent Foumboula
« J’ai été informé de ce que certains directeurs d’établissements publics où les travaux de réfection sont effectués auraient été invités par leur hiérarchie à fournir une demande d’explication », affirme Geoffroy Foumboula. Il assure avoir déjà reçu, au cours des dernières années, des informations faisant état d’« intimidations » similaires sans avoir jusqu’ici souhaité publiquement réagir.
L’acteur civique s’interroge surtout sur la logique qui conduirait à compliquer des interventions visant, selon lui, à pallier des déficiences matérielles manifestes. « Des écoles où les enfants n’ont pas de toilettes, pas d’eau, pas d’électricité et, dans certaines classes, pas de tableaux, je dois demander l’autorisation de qui pour apporter eau, électricité, etc. à nos enfants ? », interpelle-t-il. Une question qui n’exonère toutefois pas les interventions dans des bâtiments publics du respect des procédures administratives, techniques et de sécurité éventuellement applicables.
De Kinguélé à Mont-Bouët, des investissements revendiqués sur fonds propres
Geoffroy Foumboula cite plusieurs réalisations pour illustrer son engagement. À Belle-Vue 2, il affirme avoir fait aménager une salle informatique climatisée, connectée à Internet et dotée de 30 ordinateurs. Une seconde installation de 18 postes aurait été réalisée à Kinguélé. Il indique également avoir récemment financé la réfection des toilettes des écoles de Mont-Bouët 1 et 2 ainsi que l’installation de panneaux solaires dans un établissement confronté à des difficultés d’alimentation électrique.
« Ce n’est pas que l’État me donne les moyens », insiste en substance l’acteur civique, qui affirme affecter une part importante de ses revenus à l’éducation, au social et à l’entrepreneuriat. Il rappelle avoir fondé en 2013 l’ONG ÉDUCAF et récuse toute lecture électoraliste de ses interventions : « Je ne suis pas un acteur politique […] et je n’agis [pas] dans le cadre d’une stratégie politique. »
« Je ne demanderai jamais la permission » d’aider les enfants
La tonalité devient plus ferme lorsqu’il évoque les motivations qui pourraient être prêtées à son action. Geoffroy Foumboula rappelle que les élections sont désormais passées et estime que les engagements politiques ou civiques devraient converger vers l’amélioration des conditions de vie. « Le temps n’est plus à la politique, les élections sont terminées et l’heure est au travail », martèle-t-il.
Il revendique ainsi une frontière entre compétition politique et engagement citoyen : « Je ne suis l’adversaire politique de personne, je suis un acteur civique. » Avant de prévenir : « Je ne demanderai jamais la permission pour venir en assistance à nos enfants qui sont dans le besoin. » Une position qui place désormais l’administration devant la nécessité de clarifier publiquement les règles : dans quelles conditions un particulier, une association ou une entreprise peut-il financer et réaliser des travaux au sein d’une école publique ?
Encadrer les initiatives sans décourager la solidarité
Car derrière la polémique apparaît une question de politique publique plus substantielle. L’État doit naturellement conserver la maîtrise de son patrimoine scolaire et veiller à ce que tous travaux respectent les normes de sécurité, les besoins pédagogiques et les procédures administratives. Mais dans des établissements confrontés à des déficits aussi élémentaires que l’absence de sanitaires fonctionnels, d’électricité ou d’équipements pédagogiques, les initiatives privées peuvent également constituer un complément utile à l’action publique lorsqu’elles sont correctement encadrées.
Si les demandes d’explication évoquées par Geoffroy Foumboula sont confirmées, l’enjeu sera donc de déterminer ce qu’elles visent précisément : sanctionner une initiative, vérifier le respect d’une procédure ou simplement documenter les travaux réalisés. Une clarification du ministère de l’Éducation nationale permettrait d’éviter qu’une question administrative ne soit interprétée comme une volonté de décourager la solidarité. Car entre le nécessaire respect des règles et l’urgence d’offrir aux enfants des conditions dignes d’apprentissage, l’administration devra surtout démontrer que les deux objectifs peuvent avancer ensemble.










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