Gabon : Pourquoi autant de négligence vis-à-vis des écogardes ?
Si le Gabon s’érige fièrement en leader mondial de la conservation, c’est assurément grâce au travail d’orfèvre réalisé par les soldats de l’ombre à savoir les écogardes. Cependant, il est regrettable de constater que ces derniers qui se coupent de leurs familles pendant des mois doivent régulièrement conjuguer avec les verbes galérer et quémander. À ce jour, ces agents ont des impayés de salaires allant jusqu’à 9 mois.
Le 20 avril dernier, Sosthène Ndong Engonga, secrétaire général de leur syndicat, a dénoncé la situation précaire dans laquelle se trouvent les écogardes. Comment peut-on exiger le plein engagement de ces agents qui protègent le « poumon vert » de la planète le ventre vide ? Neuf mois sans rémunération traduit bien plus qu’une défaillance administrative. Ces agents, garants de la biodiversité, ne savent plus à quel saint se vouer.
Oligui Nguema, seul interlocuteur crédible pour les écogardes ?
Pendant que les corps habillés traditionnels bénéficient de revalorisations salariales et d’une attention particulière du nouveau régime, les écogardes, véritables paramilitaires de l’environnement, sont les grands oubliés. Pourtant, nul n’ignore que le rôle des écogardes est vital à l’équilibre social et économique de notre pays, voire du monde. Mener des anti-braconnage, assurer le suivi scientifique et sensibiliser les populations, autant de responsabilités qui leur confèrent d’emblée un statut de rempart ultime contre l’exploitation illégale de nos ressources.
Las d’être tourné en bourrique par la tutelle, le syndicat menace de fermer l’accès à tous les parcs nationaux dès ce mercredi 22 avril 2026. « Nous allons fermer les 13 parcs, ce qui laissera malheureusement le champ libre aux braconniers », a prévu Sosthène Ndong Engonga. L’État gabonais se trouve donc face à une contradiction illogique. Prôner la valeur économique de la forêt et mépriser ceux qui en assurent la pérennité est une stratégie suicidaire. Il est urgent que l’engagement présidentiel d’intégration à la Fonction publique devienne une réalité palpable.
« Les problèmes sont les mêmes, il n’y a pas eu d’avancées. À ce jour, certains cumulent trois mois d’impayés, d’autres jusqu’à neuf mois. Et neuf mois sans salaire, c’est inacceptable », a déploré le secrétaire général dudit syndicat. Pour ces paramilitaires, il est hors de question qu’en 2026, protéger la nature soit assimilable à un sacrifice de sa propre dignité. La balle est donc désormais dans le camp du pouvoir en place pour cerner l’urgence. Des mesures urgentes sont attendues pour définitivement arrêter l’hémorragie chez les écogardes gabonais.









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