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Gabon : le roman Ouest-africain toujours priorisé dans le programme national !

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Alors que le Gabon est rythmé par la 5e édition du Festival International du Livre Gabonais et des Arts (Filiga) et du Salon du Livre Jeunesse, le manuel ouest-africain règne toujours en maître dans nos salles de classe. Un véritable paradoxe en 2026 quand on sait que le génie littéraire local fait des émules au-delà de nos frontières avec des prix glanés par le stylo vert-jaune-bleu. Il va sans dire que la journée mondiale du livre et du droit d’auteur est l’occasion rêvée de faire ce plaidoyer.

Au fur et à mesure que nous évoluons dans nos études secondaires, une question taraudait nos esprits. Pourquoi ce sont Camara Laye, Sembène Ousmane, Ahmadou Kourouma et Seydou Badiane Kouyaté qui nous ont enseigné ? Une partie de la réponse se trouverait dans l’héritage colonial. Qu’est-ce à dire ? Simplement que notre système scolaire gabonais s’est construit sur les classiques de la littérature Ouest-africaine plus développée à l’époque.

Quelle souveraineté éducative avec des programmes aux antipodes du Gabon ?

Avec le coup de Libération du 30 Août 2023 il se présageait un vent de souveraineté. De plus, le secteur de l’éducation était censée emboîter le pas avec des programmes qui rappellent aux apprenants qui ils sont et d’où ils viennent. La littérature gabonaise est pleine d’indications de ce type. Pourtant dans les faits, c’est la géographie des pays du Sahel qui est répandue. Cela se voit notamment dans les livres cultes. Depuis le quartier Derrière La prison on se retrouvait, en lecture, à Ziguinchor au Sénégal.

S’il s’agit d’une richesse, il reste qu’à un seuil, c’est le livre gabonais qui en pâtit. Imaginez un lycée de Dakar enseigner « Histoire d’Awu » de Justine Mintsa pendant 4 décennies à ses apprenants. Ainsi, la culture gabonaise et Fang en seraient bien servies. Du coup, les autorités publiques sénégalaises ont bien cerné que pour former le patriote sénégalais il fallait le mettre en contact avec les écrits de son terroir. Ce qui ne semble pas être perçu à Libreville dans les salons feutrés.

Aucune stratégie pour la promotion du livre gabonais !

L’héritage susmentionné, combiné à des facteurs économiques comme l’absence de subvention publique pour la production littéraire entraîne des conséquences évidentes. Sur le marché, les œuvres ouest-africaines coûtent souvent 3 000 FCFA. À l’inverse, une production locale coûte près de 8 000 FCFA. Les enseignants de français, souvent originaires de l’Afrique de l’Ouest dans nos établissements d’excellence, choisissent donc d’imposer des œuvres pas chères et cultes. 

Pourtant, en 2026, l’argument de la rareté ne tient plus avec la scène littéraire nationale qui est de plus en plus féconde. Des auteurs comme Rodrigue Ndong avec « GYMKHANA » ou Marc Kaba avec « L’Argent du Blanc » vont faire leur sortie cette année. Par ailleurs, Carnaud Atomo Mengue avec « Les Boucs émissaires » sera également à l’honneur. Leurs œuvres dissèquent avec brio les enjeux identitaires et sociaux du Gabon contemporain. De plus, la reconnaissance est d’ailleurs internationale avec Armel Oyama, Grand Prix Littéraire 2026 à Yaoundé. Christelle Noah a brillé aussi au Prix OSÙ.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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