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Gabon : le SNEC propose des frais d’inscription jusqu’à 100 000 FCFA pour sauver l’UOB de la saturation

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À l’approche de la rentrée universitaire 2026-2027, le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (SNEC-UOB) tire la sonnette d’alarme. Face à un établissement qui pourrait dépasser les 30 000 étudiants alors qu’il ne disposerait que de 8 000 places assises, l’organisation présidée par le Pr. Mathurin Ovono Ebè propose de porter les frais d’inscription entre 50 000 et 100 000 FCFA. Une mesure potentiellement sensible socialement, que le syndicat conditionne toutefois à une traçabilité stricte des recettes et à la mise en place de dispositifs en faveur des étudiants issus de familles modestes.

L’Université Omar Bongo pourrait-elle absorber plusieurs milliers d’étudiants supplémentaires sans une profonde révision de son modèle de fonctionnement ? C’est la question posée par le SNEC-UOB à quelques semaines de l’ouverture des inscriptions administratives. Dans un communiqué signé par son président Mathurin Ovono Ebè, le syndicat décrit une institution confrontée simultanément à la pression démographique, au déficit d’infrastructures et à l’insuffisance de ses ressources financières. Les chiffres avancés donnent la mesure du problème : l’UOB accueillerait déjà 18 000 étudiants pour seulement 8 000 places assises**, soit un taux d’occupation estimé à 225 %. Avec l’arrivée potentielle de 15 000 nouveaux bacheliers et le retour annoncé d’une partie des étudiants gabonais actuellement en France, les effectifs pourraient dépasser 30 000 inscrits. « L’heure n’est plus aux demi-mesures, mais à l’action d’urgence», prévient le SNEC-UOB.

Jusqu’à 2,1 milliards de FCFA de recettes envisagées

Pour répondre à cette équation financière, le syndicat propose un « alignement tarifaire sur le plancher CEMAC», qui conduirait à fixer les droits d’inscription entre 50 000 et 100 000 FCFA. Sur l’hypothèse moyenne de 70 000 FCFA acquittés par 30 000 étudiants, l’UOB pourrait ainsi mobiliser quelque 2,1 milliards de FCFA. Ces ressources devraient prioritairement servir à améliorer les capacités d’accueil. Le SNEC-UOB préconise que 75 % des recettes soient affectées aux infrastructures et aux laboratoires, les 25 % restants étant destinés au fonctionnement de l’établissement. Surtout, le syndicat réclame un mécanisme de contrôle : « Chaque franc issu des inscriptions des étudiants doit faire l’objet d’une traçabilité absolue ».

Les fonds seraient ainsi logés dans un compte d’affectation spéciale placé sous la responsabilité du Conseil d’administration. Une exigence de transparence indispensable au regard de l’effort financier supplémentaire qui serait demandé aux familles.

Une hausse qui pose néanmoins la question sociale

Car faire passer les droits d’inscription jusqu’à 100 000 FCFA ne serait pas neutre dans un pays où de nombreuses familles supportent déjà les dépenses de logement, de transport, d’alimentation et de matériel pédagogique de leurs enfants. Le SNEC-UOB en convient et propose parallèlement des bourses fondées sur des critères sociaux pour les étudiants les plus vulnérables. L’organisation avance également d’autres pistes : création de filières d’excellence payantes financées avec l’appui de grandes entreprises, recours au mécénat, valorisation économique de certains espaces du campus ou encore réalisation d’études et d’audits pour le compte de l’État.

Cette diversification apparaît d’autant plus urgente que, selon le syndicat, aucun nouveau bâtiment n’aurait été construit sur le campus depuis 1995. Un bloc pédagogico-administratif financé à hauteur de 3 milliards de FCFA serait par ailleurs toujours à l’arrêt. Le SNEC-UOB réclame son audit et sa livraison, estimant que son ouverture permettrait de dégager 800 places supplémentaires.

Faire payer davantage les étudiants, mais pour quels résultats ?

La proposition a le mérite de poser frontalement la question du financement de l’enseignement supérieur public. Elle en soulève toutefois une autre, tout aussi fondamentale : avant de demander un effort financier supplémentaire aux étudiants et à leurs familles, quelles garanties leur seront données sur l’utilisation effective de ces nouvelles recettes ?
Le SNEC-UOB tente précisément d’y répondre en plaçant la transparence et l’affectation des ressources au cœur de son dispositif. « Le redressement de l’Université Omar Bongo ne se fera pas avec des solutions de court terme », prévient-il.

Reste désormais au gouvernement à se prononcer. Car derrière le débat sur les 50 000 à 100 000 FCFA, c’est surtout l’avenir du principal établissement universitaire public du Gabon qui est posé : continuer à accueillir toujours davantage d’étudiants dans des capacités presque inchangées, ou engager enfin une réforme structurelle de son financement et de ses infrastructures.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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