Gabon : le prêt d’argent, entre solidarité financière et risque d’appauvrissement
Au Gabon, le prêt d’argent entre particuliers s’est installé dans les habitudes quotidiennes, malgré son encadrement par la loi. Souvent pratiquée en dehors de tout cadre formel et parfois assorti d’intérêt, cette pratique suscite de nombreux débats au sein des populations. Pour mieux comprendre ce phénomène, l’équipe de Gabon Media Time a réalisé un micro-trottoir à Libreville le 21 avril 2026. Parmi une quinzaine de personnes interrogées, les opinions sont partagées. Certains voient dans un geste de solidarité, notamment en période de crise, tandis que d’autres craignent qu’il n’aggrave les problèmes financiers des personnes concernées.
Considéré comme le fait de prêter une somme d’argent à une personne qui s’engage à la rembourser plus tard, avec ou sans intérêts, le prêt entre particuliers est de plus en plus fréquent dans le pays. Dans un contexte marqué par la cherté de la vie, beaucoup de personnes y ont recours pour faire face à leurs besoins quotidiens. Si cette pratique peut parfois créer des tensions, elle est aussi vue par d’autres comme une solution utile en cas de difficulté. Selon une partie des personnes interrogées, ces prêts représentent une aide importante en cas de problème, comme une maladie ou un manque d’argent soudain. « Les prêts d’argent sont une bonne chose quand tu as une difficulté. Les temps sont durs, parfois tu n’as pas d’autre choix », a expliqué un citoyen interrogé à Awendjé.
Quand prêter de l’argent devient un risque pour les populations
Cependant, d’autres personnes dénoncent certaines pratiques liées aux prêts d’argent, surtout lorsqu’il y a des intérêts élevés. « Certains font des prêts à 25 % ou 50 %, ce n’est pas bien », a regretté un citoyen rencontré à la Cité Damas. Selon lui, cela aggrave la situation des emprunteurs. Le problème du non-remboursement revient aussi souvent. Plusieurs personnes expliquent que lorsque quelqu’un ne rembourse pas à temps, cela crée des conflits. « Quand la personne ne rembourse pas, ça crée des problèmes », a-t-il ajouté. Dans certains cas, ces situations peuvent même entraîner des disputes importantes, voire des problèmes devant la justice.
Face à ces situations, certains appellent à être plus prudents avant de prêter de l’argent. Il est important, selon eux, de bien connaître la personne et sa situation financière avant de s’engager. « Depuis que j’ai été arnaqué pour avoir prêter mon argent, je ne rends plus ce service aux inconnus ou encore aux personnes qui ont des situations financières instables. Il y’a tellement des personnes de mauvaises foi de nos jours », a conseillé un femme du coté de Sogatol. D’autres estiment que les prêts d’argent peuvent parfois créer des difficultés financières, aussi bien pour celui qui prête que pour celui qui reçoit l’argent, surtout lorsqu’il n’y a pas de règles claires.
Au final, les prêts d’argent entre particuliers sont perçus à la fois comme une forme d’entraide et comme une source de conflits. Dans tous les cas, le recours à ces pratiques pourrait être réduit si les banques proposaient des crédits plus accessibles, notamment avec des taux d’intérêt plus bas. En attendant, la loi gabonaise reste claire. Les prêts avec intérêts en dehors du cadre légal sont interdits et réservés aux établissements financiers agréés. Pourtant, ces règles restent encore méconnues d’une partie de la population, alors qu’elles visent à limiter les abus et encadrer ces pratiques.
Heldy Oyono, Journaliste Stagiaire









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