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Gabon : le Pr. Lee White plaide pour un partage équitable des retombées de l’exploitation de l’Iboga

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Considéré depuis des siècles comme un pilier spirituel au sein des temples du Bwiti, l’Iboga suscite désormais un engouement mondial grandissant. Dans un article du journal américain The Guardian intitulé « La prochaine ayahuasca ? Le Gabon se bat pour protéger une plante sacrée face aux laboratoires pharmaceutiques américains », les projecteurs se tournent vers les dérives qui entourent cette ressource naturelle. Réagissant à cette publication le 19 octobre 2026 sur son compte LinkedIn, le Professeur Lee White, ancien ministre de l’Environnement et biologiste, a tenu à rappeler la bataille menée pour préserver ce trésor national face aux réseaux de pillage.

Pendant des décennies, d’importantes quantités d’Iboga ainsi que des graines ont quitté clandestinement le Gabon. Comme le rappelle l’ancien ministre : « Avant l’autorisation obtenue en 2022, toute l’iboga extraite du Gabon, y compris les graines utilisées pour créer des plantations au Costa Rica, au Brésil, au Cameroun, en Chine… était prise illégalement au Gabon. »

Le Protocole de Nagoya pour encadrer le marché

Pour enrayer cette biopiraterie systématique, le Gabon s’est appuyé sur le Protocole de Nagoya, un traité international adopté en 2010 visant à garantir un partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation des ressources génétiques.

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Soucieux de réguler la filière, l’ancien membre du gouvernement explique sa démarche. « En tant que ministre de l’Environnement au Gabon, en 2022, j’ai autorisé la première vente d’iboga entièrement légale et conforme au protocole de Nagoya, cultivée par une petite coopérative villageoise du nord-est du Gabon, atteignant un prix de 2 000 euros par kg d’écorce de racine séchée. », a-t-il indiqué sur son compte Linkedin. 

Toutefois, si cette transaction pionnière a posé des bases réglementaires inédites, la question de la redistribution réelle des bénéfices aux populations locales reste entière.

Restituer au peuple gabonais son savoir ancestral

Les enjeux dépassent aujourd’hui le simple cadre de la conservation. La communauté scientifique entrevoit dans les alcaloïdes de la plante des opportunités d’innovation thérapeutique majeures contre diverses pathologies. 

D’ailleurs, face à ces perspectives financières considérables, le Professeur Lee White martèle la nécessité d’un juste retour aux sources. « Le monde ne connaîtrait pas l’Iboga sans les connaissances traditionnelles du peuple gabonais, et si elle s’avère être la base des traitements du PTSD, des lésions cérébrales, des addictions ou de maladies comme la maladie de Parkinson et Alzheimer, un pourcentage équitable des recettes doit revenir à la République gabonaise et à son peuple. », a-t-il déclaré. 

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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