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Gabon : Guy Bertrand Mapangou appelle à transformer la souveraineté sur l’iboga en retombées économiques pour les communautés

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Le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), Guy Bertrand Mapangou, plaide pour un encadrement opérationnel de l’exploitation et de la valorisation de l’iboga, plante emblématique du patrimoine culturel et spirituel gabonais. Dans une prise de position consacrée à la souveraineté nationale sur cette ressource, il propose notamment des procédures réglementaires transparentes, la reconnaissance des tradipraticiens, un mécanisme de financement souverain et une meilleure association des communautés locales aux retombées économiques.

Affirmer la souveraineté du Gabon sur l’iboga constitue une première étape. Encore faut-il définir les conditions dans lesquelles cette ressource pourra être étudiée, protégée, exploitée et valorisée au bénéfice du pays. C’est le sens de la réflexion développée par Guy Bertrand Mapangou, qui invite les pouvoirs publics à dépasser les déclarations de principe pour construire un dispositif associant sécurité juridique, recherche scientifique et partage équitable des avantages.

Passer de la souveraineté déclarée à un cadre réglementaire opérationnel

Pour le président du CESEC, la reconnaissance des droits du Gabon sur l’iboga doit désormais s’accompagner de mécanismes concrets. « Le Gabon a posé la première pierre : il a affirmé que l’iboga lui appartient et qu’elle ne se prendra plus sans contrepartie », souligne-t-il, avant d’insister sur la nécessité de transformer ce principe en pratique.

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Il préconise notamment la publication de textes réglementaires précisant les procédures, les critères et les délais d’instruction des demandes. La création d’un guichet identifiable permettrait également aux chercheurs, aux praticiens et aux communautés d’accéder plus facilement aux dispositifs d’autorisation. Un régime spécifique pourrait encadrer les recherches et les échanges entre spécialistes sur la base de la réciprocité.

Reconnaître les tradipraticiens et protéger les intérêts des communautés

Guy Bertrand Mapangou insiste également sur la place des détenteurs des savoirs traditionnels. Il propose la reconnaissance officielle des tradipraticiens à travers un système d’agrément et des exigences de sécurité élaborées avec leur participation, afin de mieux intégrer leurs connaissances dans le dispositif national.

Sur le plan économique, il recommande la mise en place de contrats-types et de groupements de producteurs pour renforcer la capacité de négociation des communautés. Cette approche vise à éviter que la valorisation commerciale et scientifique de l’iboga ne profite principalement aux acteurs disposant des moyens financiers et techniques les plus importants.

Un fonds souverain pour garantir des retombées vérifiables

Parmi les pistes avancées figure également la création d’un fonds souverain transparent, dont les retombées locales seraient publiées et contrôlables. Le président du CESEC suggère parallèlement une instance permanente de dialogue réunissant l’État, les praticiens, les communautés et les scientifiques.

Ces propositions ne constituent pas, à ce stade, des mesures gouvernementales adoptées. Elles ouvrent néanmoins un débat sur les conditions d’une valorisation responsable de l’iboga. « Protéger l’iboga et le faire rayonner ne s’opposent pas. Bien conçue, la première est la condition de la seconde », estime Guy Bertrand Mapangou. Pour le Gabon, le véritable enjeu sera désormais de faire de cette souveraineté une protection effective des savoirs traditionnels et une source de revenus équitablement partagés.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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