Gabon : le mystère des 63 milliards alloués aux provinces, entre chantiers fantômes et soif de justice

Derrière la froideur des chiffres se cache souvent le destin d’une nation. Au Gabon, un nombre cristallise aujourd’hui toutes les attentions : 63 milliards de FCFA. Cette somme, censée transformer le visage de nos provinces, semble s’être évaporée dans les méandres d’une gestion opaque, laissant derrière elle des populations dans l’attente et des chantiers à l’abandon.
Tout commence avec une promesse forte du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Comme le rappelle le quotidien L’Union, une enveloppe de 7 milliards de FCFA avait été allouée à chacune des neuf provinces du pays. L’objectif était noble : améliorer la mobilité urbaine et rurale par de vastes projets routiers et immobiliers.
Pourtant, sur le terrain, le constat est amer. Dans son article publié ce 05 mai 2026 intitulé « Infrastructures : que de projets en situation de débrayage ! », L’Union pointe du doigt des chantiers à l’arrêt, voire jamais démarrés. Pour le citoyen de l’intérieur du pays, qui espérait une route praticable ou une école neuve, le « débrayage » n’est pas qu’un terme technique, c’est une promesse non tenue qui impacte son quotidien.
Une gestion dans l’ombre
Comment expliquer un tel blocage ? Les enquêtes journalistiques révèlent des failles systémiques. On évoque des marchés attribués de « gré à gré », sans cahier des charges clair, profitant de l’impasse politique de l’après-août 2023. Certains prestataires auraient profité de ce flou pour s’engouffrer dans ce secteur jugé « juteux », sans pour autant livrer les travaux.
Parallèlement, dans notre article intitulé « À quand la reddition des comptes sur les 63 milliards de FCFA ? », Gabon Media Time s’interrogeait déjà. Car si l’argent a été décaissé, la destination finale de ces fonds publics reste une énigme. L’absence de transparence alimente les doutes : où est passé l’argent du contribuable si les pelleteuses sont à l’arrêt ?
L’heure de vérité
Face à ce malaise grandissant, le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a martelé un principe fondamental : « L’argent du contribuable n’est pas négociable ». Ce slogan, tiré du récent entretien qu’il a accordé au quotidien national, sonne comme un avertissement contre l’impunité.
La justice est désormais saisie. Mais au-delà des procédures, c’est une exigence de dignité que réclament les Gabonais. La continuité de l’administration ne doit pas être le voile qui cache les erreurs du passé, mais le levier d’une véritable orthodoxie financière. Pour que, demain, les 63 milliards ne soient plus un titre de journal, mais des ponts, des routes et des écoles bien réels.









GMT TV