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Gabon : la preuve de la nationalité incombe désormais à l’accusé !

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Le débat autour du nouveau Code de la nationalité continue son chemin avec une mutation substantielle de l’administration de la preuve. Ce changement de paradigme juridique est inscrite au Titre VI dudit Code relatif au contentieux de la nationalité. Cette mesure interpelle particulièrement les praticiens du droit qui doivent conjuguer avec l’affirmation d’un régime probatoire dérogatoire au droit commun.

Aux termes de l’article 75 du Code de la nationalité gabonaise promulgué par voie d’ordonnance le 26 février dernier, le législateur consacre un principe de responsabilité processuelle singulier. Pour faire simple, la charge de la preuve incombe désormais à la partie dont la nationalité est contestée. En opposition parfaite au principe civiliste classique « actori incumbit probatio » traduit littéralement par « la preuve incombe au demandeur ».

Attention au droit de douter de la nationalité d’autrui 

Dans une lecture diamétralement contraire à la maxime susmentionnée, le défendeur se voit ici investi de l’obligation de démontrer son lien de droit avec l’État gabonais. Toutefois, pour tempérer cette rigueur, la loi précise que cette preuve demeure libre, puisqu’elle peut être rapportée par « tout moyen légalement admissible ». Cette ouverture textuelle suggère une admission large des modes de preuve.

Qu’il s’agisse des souces documentaires en l’occurrence des actes de naissance ou certificats de nationalité voire, par extension, liés à la possession d’état. Par ailleurs, l’article 76 structure l’organisation juridictionnelle de ce contentieux. Il en ressort que la compétence de premier ressort est dévolue aux Cours d’Appel. Ce qui naturellement segmente les justiciables selon leur domicile. 

Pour faire clair, les nationaux établis hors du territoire devront se tourner vers la Cour d’Appel de l’ordre Judiciaire de Libreville. Cette dernière s’établit comme la juridiction exclusive et ce, sous le contrôle ultime de la Cour de Cassation. Pour sa part, le Ministère Public est de facto partie jointe. Aussi, le parquet de la République est le seul habilité à agir ou défendre au nom de la puissance publique. Si la volonté de sécurisation est perceptible, l’usage peut l’en détourner.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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Un commentaire

  1. Il nous semble désormais certain de confirmer que plusieurs personnalités occupants des hautes fonctions dans ce pays ne seraient en général que des conquérants… Comment se refuser d’admettre le bien fondé d’une loi qui garantit la protection de tous alors que certains l’avaient contournés pour infiltrer les plus hautes loges de l’État ? Comment se refuser de se confronter au réel face aux conséquences calamiteuses qu’ont connus nos Etats au sujet de cette ingérence » normalisée » ?
    Oui, cettenouvelle loii protège aussi bien le statut de l’étranger que le citoyen gabonais. En rappel, ces mesures bien qu’appliquées dans plusieurs Etats occidentaux qui se respectent, ne poseraient aucunes contestations par cette meute invasive ! C’est dire que, oui, cette loi protège les gabonais tout en dissociant l’amour du contrat de mariage !
    Il faut rappeler à l’auditoire que l’Etat sécurise les failles du contrat, encore que certains se resolveraient à se marier dans l’unique ambition d’acquerir la nationalité ! La carte sociologique locale témoigne d’un pic de plusieurs enfants et femmes abandonnés par cette mentalité conquérante sans foi ni loi et souvent insoumise.
    Aujourd’hui, il est maintenant temps de dresser les normes et de les appliquer ! A noter que le Gabon et les gabonais ne ressentent aucunes haines envers ceux qui sembleraient manifester leur haine victimaire… l’État gabonais est souverain, et cette souveraineté ne sera en aucun cas biaisée par des groupuscules toxiques, uniquement concentrés sur l’accaparement du pouvoir : hélas, la vaque frappe bien que l’esu sauve toujours !

    Courage indéfectible aux gardiens du Gabon !!!

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