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Gabon : le cri de détresse des agents de la CNNII face à 23 mois d’arriérés de salaires

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À bout de souffle et plongés dans une détresse profonde, plusieurs agents de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII) ont investi le parvis du ministère de l’Économie et des Participations à Libreville. Ce sit-in vise à dénoncer un véritable « drame social » et à interpeller directement les plus hautes autorités.

D’après les informations rapportées par le média Gabonactu, cette mobilisation traduit le désespoir absolu de travailleurs qui cumulent aujourd’hui 23 mois d’arriérés de salaires. Malgré cette asphyxie financière, ces pères et mères de famille ont continué, tant bien que mal, d’assurer leurs missions sur la ligne maritime hautement stratégique reliant Libreville à Port-Gentil.

Pour le personnel, le seuil du tolérable a été franchi depuis bien longtemps. « Dans un État de droit, 23 mois d’arriérés de salaire, c’est inadmissible », a fustigé le porte-parole du mouvement, Emmanuel Eikoure, dans les colonnes de Gabonactu.

Derrière ce mouvement de protestation se cachent des réalités humaines dramatiques. Privés de revenus depuis près de deux ans, les employés font face à une précarité extrême : expulsions locatives en série, enfants déscolarisés faute de moyens pour payer les frais d’écolage, difficultés quotidiennes pour se nourrir et renoncement aux soins de santé de base.

Quatre ans de défaillances sociales

À cette crise salariale s’ajoute un autre scandale administratif majeur. Les manifestants révèlent que leurs cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) ne sont plus reversées par l’entreprise publique depuis près de quatre ans. Cette situation prive les foyers de toute couverture médicale effective et menace directement les futures pensions de retraite des agents, renforçant leur sentiment d’abandon.

Face au mutisme des autorités et à l’échec des multiples négociations et courriers restés sans réponse, les grévistes ont choisi la voie publique pour alerter l’opinion nationale. Ils s’en remettent désormais directement au président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema. Les agents de la CNNII rappellent que la restauration de la dignité des citoyens et la justice sociale constituent les piliers du nouveau régime, et espèrent un arbitrage présidentiel immédiat pour sauver leurs familles du naufrage.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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