Gabon : la COSUMAF alerte sur une cyberescroquerie et appelle les investisseurs à la vigilance
La Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale (COSUMAF) a lancé le 2 février 2024 une alerte officielle sur une usurpation de son identité numérique à des fins d’hameçonnage. Un faux site internet imitant sa plateforme officielle cible des investisseurs, notamment à l’international, exposant ces derniers à des risques élevés de fraude financière.
Face à la montée des cybermenaces, la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué récent, l’institution sous-régionale a informé le public de l’existence d’un site frauduleux, conçu pour tromper les investisseurs en reproduisant fidèlement son identité visuelle et institutionnelle.
Ce site, identifié sous le nom de domaine « www.cosumaf.us », constitue une imitation du portail officiel « www.cosumaf.org », créant ainsi une confusion susceptible d’induire en erreur un public non averti.
Une fraude sophistiquée visant des investisseurs internationaux
Selon la COSUMAF, cette opération de cybercriminalité repose sur une stratégie élaborée. « Cette usurpation a consisté en la création d’un faux site internet […] reprenant la charte graphique (logo, couleurs, ergonomie) du site web officiel », précise l’institution.
Le site frauduleux va jusqu’à afficher l’adresse physique du siège de la COSUMAF à Libreville, ainsi qu’un numéro de téléphone étranger, renforçant ainsi son apparence de crédibilité. Plus préoccupant encore, des documents falsifiés intégrant « signature, cachets […] ainsi que armoiries et drapeau de la République gabonaise » ont été utilisés pour crédibiliser des offres frauduleuses.
Les premières analyses révèlent que ces pratiques ont principalement ciblé des investisseurs étrangers, notamment « un nombre important d’investisseurs d’origine russe et ukrainienne », impliqués dans des transactions liées aux cryptomonnaies, notamment les wallets et bitcoins.
Une mise en garde ferme contre toute transaction suspecte
Face à cette situation, la COSUMAF a pris des mesures conservatoires, en alertant directement les investisseurs identifiés. Elle les a «instamment […] prévenus de s’abstenir de donner suite à toute sollicitation ou toute demande de transfert de fonds ».
L’institution décline par ailleurs toute responsabilité quant aux préjudices subis dans le cadre d’interactions avec ce site frauduleux et annonce son intention d’engager des poursuites contre les auteurs de cette escroquerie, tant sur le plan civil que pénal.
Des recommandations strictes pour sécuriser les investissements
Dans ce contexte, la COSUMAF rappelle les règles élémentaires de prudence. Elle insiste notamment sur la nécessité de « vérifier qu’un professionnel de l’investissement est agréé », de « se méfier des offres non sollicitées » et d’éviter toute promesse de gains rapides sans risque.
L’institution met également en garde contre les pressions exercées pour inciter à investir dans l’urgence, ainsi que contre les demandes de transfert d’argent à l’étranger ou la divulgation d’informations personnelles.
Un enjeu croissant de cybersécurité financière en Afrique centrale
Cette alerte met en lumière un phénomène en expansion : la sophistication des cyberescroqueries financières ciblant les marchés émergents. Dans un espace CEMAC en quête d’attractivité pour les investissements, la protection de l’épargne et la crédibilité des institutions financières apparaissent plus que jamais comme des priorités stratégiques.
À travers cette communication, la COSUMAF entend non seulement protéger les investisseurs, mais aussi préserver l’intégrité du système financier régional face à des menaces de plus en plus globalisées.









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