Gabon : Jean Valentin Leyama suggère la création d’un parti réunissant tous les héritiers d’Omar Bongo
Dans une publication diffusée sur sa page Facebook ce samedi 31 octobre 2026, l’homme politique gabonais Jean Valentin Leyama a suggéré la création d’une nouvelle formation politique baptisée « Rassemblement démocratique des bongoïstes » (RDB), qui réunirait, par fusion, plusieurs partis revendiquant l’héritage politique de l’ancien président Omar Bongo Ondimba. Une formation dont il imagine la présidence confiée à Brice Clotaire Oligui Nguema. Derrière cette proposition formulée sous forme d’interrogation, l’intéressé soulève la question de la cohérence des affiliations politiques et de la place du bongoïsme dans le paysage partisan gabonais.
La recomposition du paysage politique gabonais continue de nourrir les prises de position. Plus de trois ans après le coup d’État du 30 août 2023, qui avait mis fin au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba, la question de l’héritage politique de son père, Omar Bongo Ondimba, demeure présente dans les débats. C’est dans ce contexte que Jean Valentin Leyama a publié, le 31 octobre 2026, une réflexion invitant les personnalités et formations politiques se réclamant de cet héritage à envisager leur regroupement au sein d’une organisation commune. Une suggestion qui, au-delà de sa formulation volontairement provocatrice, interroge les continuités idéologiques et les repositionnements politiques intervenus depuis la transition.
Un parti pour réunir les héritiers politiques d’Omar Bongo ?
Dans sa publication, Jean Valentin Leyama s’interroge sur l’opportunité d’une fusion entre plusieurs formations politiques partageant une même référence historique. « Mais, pourquoi donc tous les nostalgiques de Omar Bongo, qui revendiquent son héritage politique ne lanceraient-ils pas, par le biais d’une fusion de plusieurs partis, une grande formation politique appelée “Rassemblement Démocratique des Bongoïstes” (RDB), avec Brice Clotaire Oligui Nguema comme Président, le paysage politique gagnerait énormément en clarté et en visibilité ? », écrit-il sur Facebook.
La proposition repose sur une interrogation politique : pourquoi des acteurs revendiquant un héritage commun évolueraient-ils au sein de formations distinctes ? En évoquant un regroupement autour de Brice Clotaire Oligui Nguema, Jean Valentin Leyama met en discussion la cohérence des identités partisanes et la lisibilité des alliances. Son propos ne constitue toutefois ni l’annonce d’un projet de création de parti ni la preuve de l’existence de discussions entre les formations concernées.
Le bongoïsme, un héritage politique toujours revendiqué
La référence à Omar Bongo Ondimba renvoie à une période majeure de l’histoire politique gabonaise. Président de la République de 1967 à 2009, il a durablement structuré la vie institutionnelle et partisane du pays, notamment à travers le Parti démocratique gabonais (PDG). Son héritage reste associé à des pratiques de gouvernement, à des réseaux politiques et à une conception du pouvoir dont l’influence continue de faire l’objet de débats.
En utilisant le terme de bongoïstes, Jean Valentin Leyama invite implicitement à distinguer les appartenances partisanes actuelles des références politiques revendiquées par leurs dirigeants. La question est d’autant plus sensible que les recompositions intervenues depuis 2023 ont conduit plusieurs personnalités issues de l’ancien système politique à adopter de nouveaux positionnements. Il reste néanmoins nécessaire de distinguer les trajectoires individuelles, les références historiques et les orientations effectivement défendues par chaque formation.
Une proposition qui interroge la lisibilité du paysage politique
La suggestion de Jean Valentin Leyama soulève également une question plus large : celle de la multiplication des formations politiques et de la clarté de leurs différences programmatiques. La création d’un regroupement fondé sur un héritage commun pourrait, dans l’hypothèse évoquée par l’homme politique, rendre certaines affiliations plus explicites. Mais elle supposerait aussi l’accord des partis concernés, la définition d’un projet politique partagé et le respect des règles applicables à leur organisation.
En plaçant Brice Clotaire Oligui Nguema au centre de cette construction hypothétique, Jean Valentin Leyama ouvre enfin un débat sur les rapports entre le pouvoir actuel et les héritages politiques antérieurs. Sa publication ne permet pas de conclure à une volonté du chef de l’État de présider une telle formation. Elle met cependant en lumière une interrogation persistante dans la vie politique gabonaise : les recompositions partisanes traduisent-elles de véritables divergences de projets ou davantage des repositionnements d’acteurs issus d’une histoire politique commune ?










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