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Gabon : «Des promesses de postes aux cadres du PDG» au cœur de l’audience présidentielle, selon Ali Akbar Onanga

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Dans une déclaration consacrée à la crise interne du Parti démocratique gabonais (PDG), Ali Akbar Onanga Y’Obegue, secrétaire général du parti et ancien ministre, s’inquiète d’une promesse de nominations qui aurait été formulée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’occasion de l’audience accordée, le 30 octobre 2026, à la direction du PDG conduite par Blaise Louembé. Une perspective qui, selon lui, soulève la question de l’utilisation des fonctions publiques dans les rapports entre le pouvoir exécutif et les formations politiques.

La réception au Palais présidentiel d’une délégation du Parti démocratique gabonais continue de susciter des réactions au sein de cette formation traversée par des divergences sur sa direction et son avenir. Dans une longue déclaration, Ali Akbar Onanga Y’Obegue revient sur les échanges qui auraient eu lieu entre le chef de l’État et ses interlocuteurs. Au-delà de la question de la reconnaissance d’une direction contestée, l’ancien ministre s’attarde sur une éventuelle promesse de nominations de cadres du PDG à des responsabilités publiques. Une affirmation qui, si elle était confirmée, poserait la question des critères de sélection des responsables de l’administration et du risque de voir les nominations devenir un instrument de régulation des conflits partisans.

Des nominations promises sur fond de crise interne

Selon Ali Akbar Onanga Y’Obegue, le compte rendu de l’audience présidentielle qui lui aurait été communiqué fait état d’un engagement du chef de l’État en faveur d’une meilleure représentation des cadres du PDG dans les nominations publiques. Cette information, présentée par l’ancien ministre comme issue d’un document circulant sur les réseaux sociaux, n’est toutefois pas accompagnée, dans sa déclaration, d’une confirmation officielle des propos attribués au président de la République.

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Pour le secrétaire général du PDG, une telle perspective ne saurait être dissociée des tensions qui opposent les différentes sensibilités du parti. « Les cadres du PDG ont pleinement droit à la reconnaissance de leurs compétences et, comme tous les citoyens, doivent pouvoir accéder aux responsabilités publiques selon les règles applicables. Mais les fonctions de l’État ne sauraient devenir la récompense d’un alignement dans un conflit partisan. », affirme-t-il. Une prise de position qui distingue le droit des militants à exercer des responsabilités publiques d’une éventuelle utilisation des nominations comme contrepartie politique.

Une reconnaissance jugée tardive par l’ancien ministre

Ali Akbar Onanga Y’Obegue dénonce également ce qu’il considère comme une évolution opportuniste de l’attitude du pouvoir envers les cadres de l’ancien parti au pouvoir. « La promesse est d’ailleurs bien tardive : depuis trois ans, ces cadres ont été écartés un à un, et le dernier remaniement les a presque fait disparaître du Gouvernement. », soutient-il. Cette appréciation traduit le sentiment d’une marginalisation politique qu’il attribue aux recompositions intervenues depuis le coup d’État du 30 août 2023.

L’ancien ministre établit par ailleurs un lien entre cette éventuelle ouverture et l’appel au rassemblement lancé le 20 octobre par Ali Bongo Ondimba, dont il défend les prérogatives statutaires au sein du PDG. « Si l’on s’en souvient soudain, c’est que, depuis le 20 octobre, la base bouge et que l’appel au rassemblement inquiète. », avance-t-il. Il s’agit néanmoins de son interprétation des motivations du pouvoir, et non d’un lien de causalité établi entre l’initiative d’Ali Bongo et les engagements prêtés au chef de l’État.

Les fonctions publiques peuvent-elles devenir un levier partisan ?

Au-delà des rivalités internes au PDG, cette controverse pose la question de la frontière entre les choix politiques relevant du pouvoir de nomination de l’exécutif et les exigences de compétence, d’impartialité et d’intérêt général attachées aux fonctions publiques. Si certaines responsabilités comportent une dimension politique, leur attribution ne saurait, selon l’argumentation développée par Ali Akbar Onanga Y’Obegue, servir à récompenser une faction engagée dans un conflit interne à une formation partisane.

L’enjeu est d’autant plus important que l’ancien ministre redoute une dépendance progressive du PDG à l’égard du pouvoir exécutif. Il s’interroge ainsi sur la liberté de décision d’un parti dont les dirigeants pourraient attendre des nominations ou un accompagnement institutionnel. Reste à établir la teneur exacte des engagements évoqués lors de l’audience du 30 octobre. Une clarification officielle permettrait de déterminer si les propos rapportés relèvent d’une ouverture politique générale ou d’un soutien particulier à l’une des directions du PDG. Car au-delà de la crise de ce parti, c’est la distinction entre responsabilités de l’État et intérêts partisans qui se trouve interrogée

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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