Gabon : le projet intégré, la clé de voûte d’un investissement sûr !
Longtemps dépendant du pétrole, le Gabon a devrait dorénavant miser sur le projet intégré. Concrètement, il s’agit de regrouper plusieurs investissements infrastructures, transport, eau, industrie dans une même dynamique cohérente, plutôt que de multiplier des chantiers isolés qui finissent par ne servir à rien. Un hôpital sans route pour y accéder, une foire sans eau ni électricité stables, ces cas relèvent d’une politique à l’aveugle.
Ces situations susmentionnées sont souvent le produit d’une même tentation politique. Celle de l’annonce rapide soumise par des conseillers au Chef de l’État plutôt que de la planification cohérente et multisectorielle. Disons-le nous, un projet isolé se décide vite, se coupe vite le ruban, et se voit de loin. Il répond à une demande sociale immédiate, à une promesse de campagne, à la nécessité de montrer que l’État agit. Le projet intégré, lui, est plus lent à construire et moins spectaculaire à annoncer.
De la nécessité d’opter pour des projets intégrés !
Adopter une démarche conciliante et mûre renvoie à l’idée de coordonner plusieurs ministères, de séquencer les travaux, d’anticiper la maintenance. Dans un cycle politique court, cette différence de tempo joue presque toujours en faveur du geste isolé, plus rentable électoralement, même s’il l’est moins économiquement. Or, le Chef de l’État Gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a 6 ans devant lui. Ce qui n’est pas un petit détail. Car, se précipiter masque un problème qui n’apparaît pas immédiatement.
Une infrastructure livrée seule fonctionne quelques mois, parfois quelques années. Et ce, avant même que son isolement ne la rende inutile ou trop coûteuse à faire vivre. Selon un chargé d’études, expert en projets intégrés, « ce coût est supporté par les budgets futurs, sous forme de réparations, de doublons ou d’abandons purs et simples », a-t-il indiqué sous anonymat. Ainsi donc, le populisme d’investissement va déplacer la facture dans le temps, plutôt que de la réduire. Pour rompre avec cette logique, il est indispensable d’évaluer le projet.
Non pas isolément, mais en fonction des infrastructures connexes déjà existantes ou prévues à savoir la route, l’eau, l’électricité et les opportunités d’entretien. Aussi, il faut accepter qu’un projet bien séquencé prenne plus de temps à être inauguré, sans céder à la pression de l’annonce immédiate. Enfin il faut confier la priorisation à des structures techniques stables plutôt qu’à des décisions ponctuelles. Chers dirigeants, la vraie mesure de l’ambition d’un État ne se lit donc pas au nombre d’inaugurations, mais à la durée de vie utile de ce qu’il construit.










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