Culture : la Ntcham, un mix entre style de danse et genre musical
La Ntcham est-elle une danse ou une musique à part entière ? C’est une interrogation qui revient bien souvent dans les rencontres musicales ou encore sur les lèvres de plusieurs mélomanes. Née il y a environ dix années au Gabon, la Ntcham devient sans nul doute le genre musical le plus écouté sur le sol gabonais. Un phénomène qui sait réunir toutes les classes de la société, ainsi que tous les âges, sur des airs communs.
Il serait sûrement temps de déconstruire les préjugés et difficultés de classification qui gravitent autour de la Ntcham. Si le mouvement qui désigne la bagarre, le désordre, est porté par la nouvelle génération d’artistes gabonais, il reste que son histoire mêle exportation et appropriation. En effet, tout part de la danse pour se peaufiner en musique. « Donc ça a d’abord commencé par la danse. Des artistes maintenant ont émergé à la suite de ça pour créer une tendance musicale qui donc va s’appeler la ntcham. Donc de la danse à la musique ntcham » a expliqué Master No, acteur culturel, slameur.
Danser ou chanter, la Ntcham, cette tendance urbaine attractive
Si nombreux s’activent tout de même à jeter la pierre à ce nouveau couloir musical, il faut dire que la Ntcham a su, au fil des années, devenir, grâce à ses artistes, un genre à part entière. « On peut parler de la Ntcham comme une musique urbaine à part entière, parce que les musicalités urbaines sont nombreuses. Comme le slam, la Ntcham a fait ses débuts par un mouvement de compétition, et après il y a des artistes qui sont allés en studio et puis qui ont fait donc des albums avec de la musique à l’intérieur »a-t-il affirmé.
Aussi, avec des visages tels que Eboloko, Dementos, L’oiseau rare, Petit mandhela etc, proches de la jeunesse, ce phénomène est en voie de s’imposer définitivement comme une référence sur la scène continental de la présence musicale du Gabon. Encore faut-il qu’il soit structuré. « Je pense qu’il faut laisser les acteurs de ce mouvement l’emmener jusque là où il doit arriver. Et peut-être que ce n’est qu’après ça que d’autres pourront s’y inviter pour faire évoluer le mouvement. » a estimé MC Essone, artiste rappeur.
Une influence musicale directe sur les jeunes mélomanes.
On dit qu’il suffit de répéter un mensonge à une personne mille fois et cela deviendra une vérité pour lui. Avec des textes parfois poignants, aux vidéos illustrant une certaine attitude, les mélomanes de la Ntcham se retrouvent influencés. Ce aussi bien positivement que négativement. « On a des artistes qui sont restés très ghetto, et ceux qui s’ouvrent, qui parlent d’amour, de sujets divers et variés autre que la violence, et qui sont une réalité pour eux. On ne peut pas les empêcher de décrire l’environnement dans lequel ils évoluent. » ,souligne MC Essone.
Entre admiration, acceptation, préjugés, et appréhensions, la Ntcham, elle, est bel et bien présente dans la vie de tous les Gabonais. Qu’il soit haut cadre, ou citoyen lambda. Mais pour que cette présence soit remarquée et mieux promue, il faudrait une meilleure structuration. Cela passerait par l’instauration de codes, de valeurs car outre les vibes, un brassage entre tendance urbaine et identité culturelle, permettrait, dans les années à venir à la Ntcham d’être définie comme un phénomène propre au Gabon. Mais pour celà, encore faut-il qu’une véritable industrie artistique et culturelle siège sur la question en faisant intervenir toutes les parties sans distinction. Seulement ainsi, la Ntcham pourra dominer le monde !










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