Burkina Faso : les influenceurs désormais interdits de lancer des collectes de fonds sans autorisation
Le gouvernement burkinabè serre la vis autour des appels publics à la générosité. Dans un communiqué publié le mardi 7 juillet 2026, la ministre de la Solidarité nationale, de l’Action humanitaire, de la Réconciliation nationale, du Genre et de la Famille, le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré, a sommé les citoyens, les organisations de la société civile et les influenceurs de se conformer à un nouveau cadre réglementaire strict, mettant en avant la plateforme numérique « DEME SIRA ».
Le Burkina Faso renforce l’encadrement de l’aide humanitaire et de la solidarité citoyenne. Désormais, toute collecte de fonds ou appel public en faveur des personnes vulnérables est formellement conditionné par l’obtention d’une autorisation préalable du ministère de tutelle. Cette décision découle d’un décret portant réglementation des interventions humanitaires, adopté en Conseil des ministres le 2 juillet dernier.
Selon les autorités, cette réforme vise à structurer les campagnes de solidarité, particulièrement virales sur les réseaux sociaux. L’objectif affiché est double : garantir la transparence des flux financiers et préserver la dignité, la vie privée ainsi que les droits fondamentaux des bénéficiaires, souvent exposés sans filtre sur le web.
« DEME SIRA », le canal officiel unique
Tout en saluant l’élan de générosité croissant des Burkinabè envers les populations déplacées ou démunies, le lieutenant-colonel Pélagie Kaboré a pointé du doigt des dérives persistantes. La ministre a notamment déploré la diffusion récurrente d’images ou de vidéos attentatoires à la dignité humaine lors des opérations de levées de fonds.
Pour moraliser le secteur, l’exécutif invite l’ensemble des acteurs, des partenaires au développement aux simples créateurs de contenu, à canaliser leurs initiatives à travers la plateforme nationale « DEME SIRA ». Cet outil numérique centralisé devrait, selon le gouvernement, assurer une traçabilité rigoureuse des contributions tout en mettant fin aux spectacles de la misère sur les plateformes numériques.
Tolérance zéro pour les contrevenants
Le message du ministère se veut ferme : aucun écart ne sera toléré. Le communiqué prévient que toute collecte de fonds ou initiative de solidarité publique menée en dehors de ce canevas légal exposera ses auteurs aux sanctions prévues par les textes en vigueur.
Avec le déploiement immédiat de ces mesures, Ouagadougou tente de concilier engagement citoyen, souveraineté humanitaire et éthique. Reste à savoir si la rigidité de ce nouveau protocole administratif saura préserver la spontanéité des élans de solidarité, cruciaux dans le contexte sécuritaire et humanitaire actuel du pays.
Heldy Oyono, Journaliste Stagiaire










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