Sénégal : le Conseil constitutionnel censure la révision constitutionnelle, Sonko prend acte
Le Conseil constitutionnel sénégalais a invalidé la loi de révision de la Constitution adoptée le 29 juin par l’Assemblée nationale, donnant ainsi raison au recours introduit par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Le chef de l’État avait saisi les Sages non pas sur le fond de la réforme, mais sur la régularité de la procédure ayant conduit à son adoption, estimant que le processus parlementaire n’avait pas respecté les exigences constitutionnelles. En censurant le texte, la haute juridiction met un terme à une séquence institutionnelle particulièrement tendue et rappelle que toute modification de la Loi fondamentale doit impérativement respecter les règles de procédure prévues par la Constitution. Cette décision, qui s’impose à toutes les institutions de la République, referme provisoirement un épisode ayant mis en lumière des divergences inédites au sommet de l’État.
Quelques heures après le verdict, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a réagi sur sa page Facebook en adoptant un ton d’apaisement. « Cette décision s’impose à tous ! Dont acte ! », a-t-il déclaré, affirmant que le fonctionnement normal des institutions constitue la meilleure garantie contre toute crise démocratique. Il a assuré que le Parlement poursuivra pleinement sa mission constitutionnelle en continuant à voter ou rejeter les lois conformément au mandat confié par le peuple sénégalais. Cette prise de position marque une volonté d’éviter toute escalade politique malgré le revers essuyé par la majorité parlementaire qu’il dirige.
Un revers politique pour Sonko
Pour Ousmane Sonko, cette décision représente un échec politique majeur, lui qui prétend à briguer un mandat présidentiel en 2029. Le texte porté par la majorité parlementaire est stoppé avant son entrée en vigueur, réduisant à néant, pour l’heure, les ambitions de réforme constitutionnelle portées par Ousmane Sonko. Toutefois, en reconnaissant immédiatement l’autorité du Conseil constitutionnel, le leader de Pastef cherche à préserver son image de responsable attaché à l’État de droit et à éviter qu’un conflit ouvert avec les institutions ne fragilise davantage la majorité. Son message vise également à rassurer l’opinion sur la continuité du travail législatif et sur la stabilité des institutions.
Pour Bassirou Diomaye Faye, le verdict constitue une validation de sa démarche juridique et conforte son rôle de garant de la Constitution. En obtenant la censure de la loi, le président fait prévaloir son interprétation des règles procédurales sans remettre en cause le principe d’une éventuelle réforme constitutionnelle. Politiquement, cette décision renforce son autorité, mais pose surtout l’impératif d’un dialogue renouvelé avec la majorité parlementaire afin d’éviter que les divergences entre l’exécutif et l’Assemblée nationale ne se transforment en crise institutionnelle. Les prochains mois seront déterminants pour mesurer la capacité des deux principales figures du pouvoir à préserver la cohésion de l’État autour d’un agenda de réformes.









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