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Projet de budget 2027 : le budget de la Justice augmente de 2,1 % 

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Le projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoit une augmentation de 1,17 milliard de FCFA des crédits consacrés à la Justice au Gabon. Selon les tableaux budgétaires du texte, cette enveloppe passerait de 54,73 milliards de FCFA dans la loi de finances rectificative 2026 à 55,90 milliards en 2027, soit une progression de 2,1 %. Derrière cette hausse limitée, les arbitrages sont contrastés : la justice judiciaire et administrative bénéficierait de 885 millions supplémentaires, tandis que la sécurité pénitentiaire perdrait 303 millions. Plus préoccupant pour les infrastructures carcérales, les investissements consacrés aux prisons diminueraient de 1,05 milliard de FCFA, soit 31,5 %.

Au Gabon, l’amélioration du fonctionnement des juridictions, la réduction des délais de traitement des affaires et les conditions de détention constituent des enjeux majeurs pour le service public de la Justice. La disponibilité des magistrats, des greffiers, des personnels pénitentiaires et des équipements conditionne directement la capacité de l’institution judiciaire à remplir ses missions. Pourtant, le PLF 2027 ne prévoit qu’une progression modérée des moyens consacrés à ce secteur. L’examen détaillé des crédits révèle que l’augmentation bénéficie principalement aux dépenses de personnel, tandis que les investissements diminuent. Une répartition qui interroge sur les possibilités de modernisation des tribunaux et de réhabilitation des établissements pénitentiaires.

Les juridictions bénéficient de 885 millions supplémentaires

Le programme Justice judiciaire et administrative enregistrerait une augmentation de 885,28 millions de FCFA, portant son enveloppe de 16,14 milliards en 2026 à 17,03 milliards en 2027, soit une progression de 5,5 %. Cette hausse serait principalement portée par les dépenses de personnel, qui passeraient de 10,46 à 11,03 milliards, représentant 568,60 millions supplémentaires. Les investissements progresseraient également de 656,41 millions, pour atteindre 2,31 milliards de FCFA.

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En revanche, les dépenses de biens et services des juridictions diminueraient de 396,22 millions de FCFA, passant de 2,76 à 2,36 milliards. Cette réduction de 14,4 % mérite une attention particulière, car ces crédits participent au fonctionnement quotidien des services judiciaires. Ils peuvent notamment couvrir des dépenses d’entretien, de fournitures et de fonctionnement administratif. Si les investissements supplémentaires constituent une perspective favorable pour les équipements judiciaires, les tableaux budgétaires ne précisent pas les tribunaux bénéficiaires ni les projets qui seraient financés.

Les prisons perdent plus d’un milliard de crédits d’investissement

La sécurité pénitentiaire, qui représente la principale composante du budget de la Justice, verrait son enveloppe diminuer de 36,70 à 36,40 milliards de FCFA, soit une réduction de 303,06 millions. Ce programme absorberait néanmoins près de 65,1 % du budget total de la mission en 2027. Les dépenses de personnel progresseraient de 266,44 millions pour atteindre 29,13 milliards, tandis que les crédits de biens et services augmenteraient de 481,19 millions, passant de 4,50 à 4,98 milliards.

Ces hausses seraient toutefois compensées par une réduction importante des investissements pénitentiaires, ramenés de 3,34 à 2,29 milliards de FCFA, soit 1,05 milliard de moins. Cette contraction de 31,5 % soulève des interrogations sur les moyens disponibles pour construire, réhabiliter ou équiper les établissements pénitentiaires. Les tableaux ne permettent cependant pas de déterminer si cette diminution résulte de l’achèvement de certaines opérations, d’une reprogrammation ou d’un arbitrage défavorable aux infrastructures carcérales.

Plus de 74 % du budget consacrés au personnel

À l’échelle de l’ensemble de la mission, les dépenses de personnel passeraient de 40,24 à 41,59 milliards de FCFA, soit une augmentation de 1,36 milliard. Elles représenteraient ainsi 74,4 % du budget de la Justice en 2027. Les dépenses de biens et services progresseraient plus modestement, de 7,82 à 8,02 milliards, soit 200,60 millions supplémentaires. Les transferts augmenteraient de 63,30 millions, pour atteindre 1,36 milliard.

À l’inverse, les investissements de la mission diminueraient de 5,38 à 4,93 milliards de FCFA, soit une réduction de 452,54 millions. Cette baisse globale résulte principalement du recul des investissements pénitentiaires, partiellement compensé par les crédits supplémentaires accordés aux juridictions. L’augmentation du budget de la Justice repose donc davantage sur les charges de personnel que sur le renforcement des infrastructures. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer si de nouveaux magistrats, greffiers ou agents pénitentiaires seront recrutés.

L’accès à la justice et les droits humains disposent de moyens limités

Le programme Culture des droits de l’homme bénéficierait d’une progression de 218,26 millions de FCFA, portant son budget de 434,92 à 653,17 millions. Cette hausse serait principalement destinée aux dépenses de personnel, qui augmenteraient de 163,86 millions. Les biens et services progresseraient de 47,60 millions, tandis que les investissements resteraient inchangés à 39,87 millions de FCFA. Ces crédits pourraient soutenir les activités de promotion des droits fondamentaux, sans que les tableaux précisent les actions prévues.

Le programme Pilotage et soutien à la politique de la justice et des droits humains enregistrerait également une augmentation de 376,09 millions, pour atteindre 1,79 milliard de FCFA. En revanche, le programme Égalité des chances subirait une réduction de 6,19 millions, son enveloppe étant ramenée à 37,96 millions. Ces évolutions illustrent la place relativement limitée de certaines actions transversales au sein de la mission. Surtout, les documents budgétaires ne permettent pas d’isoler précisément les crédits consacrés à l’aide juridictionnelle, à l’accompagnement des justiciables ou à l’amélioration de l’accès aux tribunaux.

L’enjeu du PLF 2027 sera donc de préciser les résultats attendus de ces arbitrages : modernisation des juridictions, réduction des délais judiciaires, amélioration des conditions de détention et accès effectif des citoyens au service public de la Justice. Car au-delà de la hausse de 2,1 % affichée dans le budget, l’efficacité de la dépense publique devra se mesurer à la capacité des tribunaux à rendre leurs décisions dans des délais raisonnables et des établissements pénitentiaires à garantir des conditions de détention conformes aux exigences de dignité humaine.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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