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Gabon : marchés publics automobiles, l’urgence d’un contrôle sur l’achat des véhicules de l’État

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Au Gabon, de plus en plus de voix s’élèvent dans le secteur automobile pour dénoncer des pratiques jugées opaques dans l’acquisition des véhicules administratifs. En ligne de mire : des marchés publics attribués à des fournisseurs qui ne disposent parfois d’aucune représentation officielle des marques commercialisées. Une situation qui interroge sur la qualité des véhicules achetés par l’État et sur la protection même du patrimoine automobile public.

Comment l’État gabonais peut-il continuer à acquérir des véhicules de marque Toyota sans passer par le représentant officiel agréé de la marque dans le pays ? La question revient désormais avec insistance chez plusieurs opérateurs du secteur automobile.

Même interrogation concernant les marques Suzuki, Mitsubishi, Kia ou encore Peugeot, dont certains marchés seraient attribués à des fournisseurs ne disposant ni d’agrément constructeur ni d’autorisation officielle de distribution délivrée par les fabricants eux-mêmes.

La question sensible de la fiabilité et de la garantie

Pour les professionnels du secteur, cette situation dépasse largement le simple cadre commercial. Car derrière la vente d’un véhicule officiel se posent des enjeux de sécurité, de garantie constructeur, de disponibilité des pièces de rechange et surtout de conformité technique des véhicules destinés aux réalités climatiques et routières du Gabon.

Un concessionnaire officiellement agréé bénéficie généralement d’une autorisation du constructeur garantissant l’origine du véhicule, sa tropicalisation, son suivi technique ainsi que sa maintenance. À l’inverse, certains circuits parallèles exposeraient l’administration à des véhicules parfois inadaptés ou sans véritable garantie constructeur.

Des opérateurs historiques découragés

Dans le secteur, les “grincements de dents” deviennent de plus en plus perceptibles. Plusieurs opérateurs historiques affirment désormais ne plus souscrire à certains appels d’offres publics, estimant que les conditions de concurrence ne garantissent plus l’équité ni la transparence.

Cette situation appelle clairement à une mission de contrôle approfondie des autorités compétentes. Car au-delà des soupçons de dysfonctionnements, c’est la crédibilité des marchés publics et la durabilité du patrimoine automobile de l’État qui sont en jeu.

Le gouvernement, le ministère des Transports, la Direction générale des marchés publics ainsi que les organes de contrôle sont désormais interpellés pour vérifier les procédures d’acquisition et s’assurer que l’argent public serve effectivement à doter l’administration de véhicules neufs, fiables et conformes aux standards des constructeurs.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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