Manioc : le partenariat IBSA-PNUD au cœur de la stratégie agricole du gouvernement dans le Haut-Ogooué

Réunis à Franceville le 22 avril 2026, les ministres Pacôme Kossy et Zenaba Chaning, aux côtés de partenaires internationaux, ont procédé à la remise d’équipements aux acteurs de la filière manioc. Une initiative qui s’inscrit dans une stratégie plus large de transformation des systèmes alimentaires et de réduction de la dépendance aux importations.
Dans le prolongement des orientations présidentielles en matière de souveraineté alimentaire, le gouvernement gabonais franchit une nouvelle étape dans la structuration de ses filières agricoles. À Franceville, dans la province du Haut-Ogooué, le ministre de l’Agriculture, Pacôme Kossy, et sa collègue en charge du Commerce et de l’Entrepreneuriat, Zenaba Chaning, ont officiellement lancé une opération de soutien ciblé aux producteurs de manioc. Cette initiative, appuyée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), l’UNOSSC et le mécanisme IBSA (Inde–Brésil–Afrique du Sud), s’inscrit dans une logique d’intervention structurée, visant à transformer durablement les chaînes de valeur agricoles.
Une filière stratégique au cœur de la souveraineté alimentaire
Produit de base consommé par plus de 90 % des Gabonais, le manioc constitue un levier central de la politique agricole nationale. Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations alimentaires, sa valorisation apparaît comme une priorité stratégique.
L’appel à projets lancé entre décembre 2025 et janvier 2026 a permis de révéler un potentiel local significatif, avec 97 candidatures enregistrées, dont 68 % issues du Haut-Ogooué. À l’issue du processus de sélection, 66 unités de production ont été retenues, incluant 18 coopératives, 3 sociétés coopératives, une PME et 44 producteurs individuels. La remise d’équipements productifs – brouettes, outils aratoires, équipements de protection – vise à améliorer la productivité, réduire la pénibilité du travail et structurer l’activité à une échelle plus professionnelle.
Une approche intégrée au-delà de la simple production
Au-delà de la dotation matérielle, le dispositif mis en place repose sur une logique d’accompagnement global. Il combine encadrement technique de proximité, renforcement des capacités des agents publics et déploiement de formations spécialisées, notamment avec l’appui d’experts internationaux.
Pour Pacôme Kossy, « l’enjeu n’est pas uniquement de produire davantage, mais de structurer des chaînes de valeur complètes, génératrices de richesse, d’emplois et de souveraineté économique ». Une déclaration qui traduit une inflexion vers une approche systémique des politiques agricoles. Cette vision intègre l’ensemble du cycle économique : production, transformation, logistique et commercialisation, avec l’objectif de créer des écosystèmes agricoles viables et compétitifs.
Une coopération Sud-Sud orientée résultats
L’implication du mécanisme IBSA et des agences onusiennes illustre le repositionnement du Gabon dans les dynamiques de coopération internationale. L’accent est mis sur le transfert de technologies adaptées, le partage d’expertise et la montée en compétence des acteurs locaux.
Cette coopération Sud-Sud, fondée sur des expériences agricoles éprouvées dans des contextes similaires, permet d’accélérer la mise en œuvre de solutions opérationnelles à fort impact. Dans cette perspective, le dispositif déployé dans le Haut-Ogooué se veut reproductible, avec l’ambition d’être étendu à d’autres bassins de production à l’échelle nationale.
Un levier d’inclusion et de transformation territoriale
L’initiative intègre également une dimension sociale et territoriale. Sur les bénéficiaires ciblés dans la phase pilote, près de 60 % sont des jeunes et des femmes, traduisant une volonté d’inclusion économique et de renouvellement des acteurs agricoles. À terme, le programme prévoit l’accompagnement de 100 producteurs, 10 coopératives et 20 PME agricoles, avec un impact attendu sur l’emploi local et la dynamisation des économies provinciales.
En filigrane, cette opération pose les bases d’un changement de modèle agricole, orienté vers la création de valeur, la résilience alimentaire et la diversification économique. Reste désormais à mesurer la capacité de ce dispositif à produire des résultats tangibles dans la durée. Car au-delà des annonces, c’est bien sur le terrain que se jouera la crédibilité de cette stratégie de transformation.









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