Gabon : la diaspora à la baie des rois, personne aux mapanes !
Lors de l’inauguration du palais des congrès de la Cité de la démocratie, une délégation de la diaspora, reçue en grandes pompes par le Président Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est muée en ambassadrice des grands chantiers. De la Baie des rois aux infrastructures de prestige, les contenus numériques ont inondé la toile. Nos compatriotes vivant à l’étranger se sont bornés à vanter un Gabon en pleine métamorphose.
Si informer sur les avancées est un devoir patriotique, cette communication semble sélective et occulte la réalité des bas quartiers, trivialement appelés « les mapanes ». Pourquoi avoir fait le choix de crier haut et fort la splendeur de la Baie des rois et se muer dans le silence pour la situation sociale déplorable dans laquelle vit la majorité des gabonais à Libreville ? Faut se le dire se limiter aux zones spéciales urbaines pilotées par le FGIS fait de la diaspora un perroquet à la parole dictée.
Diaspora, à quand l’œil sur les chantiers à l’arrêt et le mapane ?
Cette position partisane de la diaspora semble avoir délibérément ignoré le quotidien de la majorité. Une erreur commise par Ali Bongo Ondimba et le régime déchu qui avaient l’habitude de tourner les caméras devant le béton neuf, à quelques encablures tandis que les populations d’Akanda, d’Owendo et de Libreville croupissaient dans un délabrement systémique. En 2026, et après un changement de régime, il est inadmissible de retomber dans les mêmes travers.
L’absence d’eau potable, l’impraticabilité des voies et les risques mortels lors des pluies torrentielles constituent le véritable baromètre du développement national. Le crédit d’une telle mission pour la diaspora gabonaise enfin réunie en masse sur le territoire national aurait dû reposer sur une approche équitable. Car constater les progrès de la 5ème République est une chose, mais ignorer les taudis qui se densifient en est une autre plus dangereuse pour le Président de la République.
Lequel pourrait tomber dans la suffisance. Maât Seigneur Lion de Movaizhaleine, très apprécié de Brice Clotaire Oligui Nguema, ne chantait-il pas « Quand le confort de l’or accorde autant de largesses, l’intelligence tourne le dos à la sagesse » ? Il est donc judicieux de comprendre que vendre l’image d’un développement optimal est une stratégie de séduction risquée. Puisque le développement du Gabon ne peut être harmonieux s’il reste concentré sur des îlots de modernité entourés d’un océan de précarité. Sans cette lucidité critique, la visite des chantiers ne restera qu’une opération de relations publiques. À bon entendeur…









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