Gabon : l’Ordre des médecins désavoué par Dr. Iloko dans son bras de fer avec la tutelle
Après plusieurs semaines de silence, le Dr Stéphane Germain Iloko, médecin à l’Hôpital régional de Melen et ancien candidat à l’élection présidentielle, est sorti de sa réserve pour prendre clairement position dans la crise qui oppose l’Ordre national des médecins du Gabon (ONMG) au ministère de la Santé. Dans un message publié sur Facebook et adressé à ses confrères, il a désavoué la démarche du bureau actuel de l’Ordre, estimant que le maintien du processus électoral au 30 mai risque d’aggraver les divisions internes. Pour lui, la priorité doit être accordée à une réforme profonde des textes régissant l’institution afin de les adapter aux réalités actuelles du pays et du secteur de la santé.
Le Dr Iloko critique ouvertement ce qu’il considère comme un « passage en force » du Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM). Il soutient la position du ministère de la Santé, qui réclame la suspension du processus électoral jusqu’à la révision des règles d’éligibilité et de fonctionnement de l’Ordre. « Le ministère de la Santé ne reconnaîtra pas un bureau issu d’un processus contesté », a-t-il averti, jugeant que les tensions actuelles traduisent une crise plus profonde au sein de la corporation. Le praticien appelle ainsi à privilégier le dialogue, la concertation intergénérationnelle et la mise en place d’un comité transitoire chargé de préparer des élections « crédibles, transparentes et apaisées ».
Une fracture persistante au sein de la corporation médicale
À l’origine de la polémique figurent les critères d’éligibilité imposés pour le renouvellement du bureau, notamment les conditions d’âge et d’ancienneté, dénoncées par une partie des médecins comme discriminatoires et contraires aux textes fondateurs de l’Ordre. Face à la contestation, le ministère de la Santé avait demandé le retrait de ces critères, la suspension de la campagne électorale et le report du scrutin et proposé la création d’un comité électoral sous supervision ministérielle. Malgré cela, le CNOM a maintenu son calendrier électoral, alimentant davantage les tensions.
Dans sa déclaration liminaire du 12 mai 2026, le bureau du CNOM défend néanmoins la légalité de sa démarche. Il affirme que les critères retenus s’inspirent de précédents nationaux ainsi que des pratiques observées dans plusieurs ordres médicaux francophones. Le Conseil estime également que l’expérience et la maturité demeurent essentielles pour assurer une gouvernance efficace de l’institution. En dépit de cette justification, la prise de position du Dr Iloko vient donner une tournure politique à une crise interne à la corporation et élargit le front critique contre le bureau actuel.










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