Lutte contre la fiscalité illégale : un préalable à l’attractivité économique du pays

Alors que le gouvernement multiplie les initiatives pour attirer des capitaux étrangers destinés au financement du Plan national de croissance et de développement (PNCD), la question de l’attractivité économique du Gabon s’impose avec acuité. Le pays dispose certes d’importantes ressources naturelles et d’un potentiel économique, mais cela ne suffit plus à convaincre les investisseurs. Ces derniers accordent une attention particulière à la stabilité et à la prévisibilité de l’environnement des affaires. Une fiscalité lisible et une justice capable de garantir les droits des opérateurs économiques constituent des critères essentiels dans les décisions d’investissement.
Au Gabon, de nombreuses entreprises dénoncent depuis plusieurs années des pratiques assimilées à une fiscalité illégale, marquées par des prélèvements effectués en dehors du cadre légal. Lors du Gabon Economic Forum des 7 et 8 juillet 2025, la Fédération des entreprises du Gabon (FEG) avait d’ailleurs alerté sur une pression fiscale excessive, aggravée par des taxes imprévues qui fragilisent la visibilité des acteurs économiques. Pour la FEG, cette situation entretient un climat d’instabilité peu compatible avec les exigences des investisseurs. L’organisation patronale avait ainsi plaidé pour la mise en place d’un environnement économique stable, équitable et attractif. En réponse, l’ancien ministre de l’Économie, Henri-Claude Oyima avait rappelé que seules les taxes et impôts inscrits dans la loi de finances et votés par le Parlement ont force de loi.
Restaurer la confiance des investisseurs
Dans un contexte où le taux de chômage atteint 17,4 %, selon la dernière enquête nationale sur l’emploi et le chômage, la nécessité de sécuriser l’investissement privé apparaît plus urgente que jamais. Le gouvernement est ainsi appelé à prendre pleinement la mesure des conséquences économiques d’une fiscalité désordonnée. Une fiscalité imprévisible réduit les capacités d’investissement, freine les projets de développement et affaiblit la compétitivité du pays.
Conscient de ces enjeux, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault a convoqué le 13 mai dernier une réunion stratégique réunissant les ministres concernés. Cette rencontre visait notamment à faire face à la multiplication des taxes perçues en marge du cadre réglementaire. L’objectif désormais est de rétablir la confiance, améliorer le climat des affaires et renforcer la crédibilité de l’État. Car c’est à cette condition que le Gabon pourra attirer davantage les capitaux étrangers, stimuler son économie et concrétiser ses ambitions de développement.









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