Gabon : Libreville fief de la drogue, Port-Gentil QG du viol ?
Depuis plusieurs années, Libreville et Port-Gentil se démarquent singulièrement des autres localités du Gabon mais pas forcément pour les bonnes raisons. Loin de l’effervescence économique et politique, les faits divers dessinent aujourd’hui une cartographie de la délinquance dans notre pays. Et ce, avec la capitale administrative qui porte le stigmate des stupéfiants tandis que la cité pétrolière est reine dans le fléau des violences sexuelles.
Libreville, jadis havre de paix, s’établit désormais comme un véritable comptoir de la drogue. La « dispatcheuse », terme local qui veut dire que la première localité du Gabon joue un rôle de plaque tournante dans le business des substances illicites. Une triste réalité qui empoisonne les quartiers avec la circulation des drogues dures, telles que l’héroïne et la cocaïne mais également des produits plus communs comme le chanvre indien.
LBV et POG, des mauvais élèves du développement !
L’ouverture à la mondialisation et à la modernité, même si elle est relative dans notre pays, semble avoir pris un tournant peu envisageable pour un État qui vise l’émergence. Du coup, face à cette prolifération quasiment peu maîtrisable, les services spécialisés comme la Police judiciaire, la DGR et la DGSS multiplient les descentes. Malgré un rythme d’arrestations intense, la résilience des réseaux de distribution est d’envergure.
En traversant les eaux pour rallier Port-Gentil, le spectacle n’est pas plus reluisant. Mais davantage abject avec la banalisation ambiante des actes immoraux sexuels. En effet, dans la capitale économique, il y règne une recrudescence des viols. Les couches sociales majoritairement touchées sont les mineures de moins de 15 ans. Ce climat d’insécurité sexuelle pousse certains citoyens, par dépit, à invoquer des explications mystiques.
Il est évident que derrière ces drames humains, se cache une faillite morale que la justice peine à endiguer. L’image du Gabon, portée par ces deux vitrines, s’en trouve lourdement avilie. Si la réponse policière est indispensable pour assainir ces fiefs du vice, une mobilisation sociétale profonde est attendue. Les autorités judiciaires se doivent de redoubler d’ingéniosité pour démanteler ces structures criminelles et restaurer, enfin, la dignité de ces deux cités historiques.









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