Gabon : 10 ans après, la digitalisation des services au stade embryonnaire !
Lancé en fanfare en 2015 sous l’ère Ali Bongo avec le plan « Gabon Numérique », le chantier de la dématérialisation des services publics semble s’être arrêté au stade des intentions aevc quelques réalisations. 11 ans plus tard, sous Brice Clotaire Oligui Nguema, le contraste entre le discours politique et la réalité du terrain reste flagrant dans la majorité des secteurs. Que des réunions préparatoires, des annonces de partenariats techniques mais une administration qui reste au format classique.
En 2015, l’espoir était pourtant permis pour les Gabonais qui espéraient que les procédures se passeraient plus fluidement en ligne. Les investissements dans la fibre optique (projet CAB 4) et l’organisation du Salon International de l’Économie Numérique avaient fini de faire germer cet idéal en potentielle réalité. Le Gabon affichait l’ambition de devenir un hub technologique régional. Étrangement, plus de 10 ans après on retombe dans ce narratif.
La 5eme République réellement dans la digitalisation ou non?
Comment expliquer qu’avec tant de campagnes de sensibilisation et d’annonces avec les mêmes administratifs, en 2026, l’usager gabonais navigue toujours dans un océan de papier ? Là où des pays comme le Maroc ont réussi le pari du « tout-numérique » pour les casiers judiciaires ou les actes d’état civil. Il faut se le dire sans risque de froisser les égo des dirigeants, le Gabon accuse un retard chronique. La preuve, au Trésor Public, les certaines opérations s’effectuent encore manuellement.
Ce qui occasionne qu’en week-end les réseaux de corruption s’établissent notamment pour les forces de l’ordre qui ne peuvent plus envoyer des indélicats vers les services agréés pour le recouvrement des contraventions à payer au trésor public. Malgré la succession des régimes et la création de directions spécialisées, les résultats se font toujours attendre. Les emprunts obligataires s’enchaînent pour financer des projets structurels dont l’efficacité peine à être perçue par le citoyen lambda.
Aujourd’hui, l’heure n’est plus aux réunions préparatoires ni aux effets d’annonce. Pour que le « Gabon Numérique » ne reste pas une coquille vide, les autorités de la 5eme République, dont Mark Alexandre Ndoumba pilote le département concerné, doivent transformer l’essai. Il faut intégrer que la matérialisation effective de la digitalisation des services ne doit plus être un luxe, mais une nécessité impérieuse pour la productivité nationale et la transparence du service public. Le temps des discours est terminé, celui de l’exécution doit enfin commencer.









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