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Gabon : les fonds propres de la microfinance en baisse de 7 % et des impayés en hausse de 21 %

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À contre-courant de la dynamique observée dans l’ensemble de la zone CEMAC, le secteur gabonais de la microfinance traverse une zone de turbulences. Alors que les fonds propres agrégés des établissements de la région ont globalement progressé de 13,2 % en 2025, portés notamment par les solides performances du Cameroun et du Tchad, le Gabon fait figure d’exception négative. Selon le dernier rapport de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), le pays accuse un repli marqué qui alarme la profession.

Les chiffres traduisent sans détours cette anomalie régionale. Au cours de l’année 2025, les fonds propres des 18 établissements de microfinance (EMF) que compte le Gabon se sont érodés de 7 %, tombant à 18,9 milliards de FCFA. Cette baisse entame directement les coussins de sécurité de ces institutions de proximité, censés prémunir le secteur contre les chocs financiers et garantir sa solvabilité. Une érosion d’autant plus préoccupante qu’elle affecte des structures déjà considérées comme « très fragiles » par l’organe de régulation sous-régional.

L’engrenage toxique des créances en souffrance

L’explication de ce décrochage réside dans la dégradation rapide du portefeuille de crédits locaux. D’après les analyses de la Direction Générale de l’Économie et de la Politique Fiscale (DGEPF), les créances en souffrance ont bondi de 21,4% en 2025. À la fin du mois de décembre, ces dettes impayées représentaient ainsi 9,7% du total des crédits bruts distribués dans le pays. 

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Pour faire face à cette multiplication des défauts de remboursement, les établissements n’ont d’autre choix que de procéder à d’importantes provisions pour pertes, une obligation comptable qui vient rogner directement leur rentabilité et épuiser leurs fonds propres.

La menace d’un resserrement du crédit pour les PME et ménages

Cette accumulation de mauvaises créances fait peser un risque lourd sur le financement de proximité. Confrontés au mitage de leurs capitaux et à la hausse du risque souverain ou privé, les dirigeants de microfinances pourraient rapidement fermer le robinet du crédit pour préserver leur bilan. 

Un tel gel pénaliserait en premier lieu les petites et moyennes entreprises (PME), les artisans et les ménages à faibles revenus, qui dépendent quotidiennement de ces guichets pour financer leurs activités. Si rien n’est fait pour assainir le portefeuille des impayés, c’est tout un moteur de l’inclusion financière et de l’économie réelle qui risque de se gripper au Gabon.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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