Gabon : le Synaposte dénonce la prise d’otage de La Poste S.A par l’ancienne direction
Face au chaos, à la confusion et au climat délétère qui règnent au sein de La Poste S.A., le secrétaire général du Syndicat national de la poste (Synaposte) a tenu un point de presse ce mercredi 20 mai 2026 au siège de la direction générale. Au cœur des échanges figurait l’imbroglio entourant la situation administrative de l’entreprise, marqué notamment par la non-installation de la nouvelle direction générale et le non-paiement des salaires des agents depuis plusieurs mois, sans explication officielle.
Réunis au siège de La Poste S.A., les membres du Synaposte ont exprimé leur profond mécontentement face à ce qu’ils qualifient de « prise en otage » de l’entreprise. Les agents dénoncent également le mépris dont serait victime le personnel. « Nous constatons avec regret que le directeur général sortant outrepasse ce qu’on appelle la gestion courante. Il se permet d’engager les fonds de l’entreprise alors que le personnel accuse aujourd’hui pratiquement quatre mois de salaires impayés», a dénoncé le secrétaire général du Synaposte, Davy Mamboundou.
Ainsi, plusieurs actes posent problème, notamment la mobilisation de ressources financières, humaines et logistiques pour l’organisation différée de la fête du Travail. A cela se greffent des changements et nominations qui, selon le syndicat, ne répondent à aucune logique administrative.
Un climat délétère, le Synaposte réclame des mesures urgentes
Au-delà de la question de la gestion de l’entreprise, le Synaposte a également dénoncé ce qu’il considère comme des actes d’intimidation visant à entraver l’action syndicale. « Pendant que nous sommes ici réunis à la recette principale pour faire notre point de presse, cette direction générale s’est permis d’entraver une action syndicale en envoyant des agents de sécurité accompagnés de chiens », s’est insurgé Davy Mamboundou. Une situation jugée inacceptable par le syndicat, qui a annoncé la suspension de ses activités jusqu’à l’installation effective de la nouvelle direction générale, nommée à l’issue du Conseil des ministres du 26 février 2026.
Alerté, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a tenté d’apaiser les tensions en invitant les syndicalistes à privilégier le dialogue et à suspendre leur mouvement de grève. Informé des violences présumées à l’encontre de certains agents, le membre du gouvernement a également demandé que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les responsables répondent de leurs actes. « Quelle que soit la faute des agents, quelles que soient vos raisons, vous allez répondre de vos responsabilités. Appelez-moi la DGR, il sera entendu. Vous faites couler le sang des gabonais. Quelle que soit la personne qui vous a envoyé, vous libérez un chien. Et si ce monsieur meurt ! », a-t-il martelé.
Alors que le climat social demeure particulièrement tendu au sein de La Poste S.A., les agents espèrent une issue rapide à cette crise, avec le paiement des arriérés de salaires et l’installation effective de la nouvelle équipe dirigeante. Deux revendications qui apparaissent aujourd’hui comme les principales conditions d’un retour à la sérénité au sein de l’entreprise publique.









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