Lutte contre le trafic de bois : un front international inédit se réunit à Libreville
Du 18 au 22 mai 2026 Libreville, la capitale gabonaise accueille un atelier multilatéral de renforcement des capacités consacré à la lutte contre le commerce illicite de bois. Organisé par les États-Unis, en partenariat avec le Ministère des Eaux et Forêts, cet événement marque un tournant historique dans la coopération environnementale entre plusieurs pays.
En effet, pour la première fois, une rencontre réunit simultanément les pays producteurs (Gabon, Cameroun), un centre majeur de transformation et de transit (Viet Nam), ainsi que les principaux pays consommateurs représentés par les États-Unis.
En incluant des acteurs du secteur industriel et des services douaniers, l’initiative couvre l’intégralité de la chaîne d’approvisionnement, de l’exploitation forestière jusqu’à la distribution finale. Cette approche globale vise à assainir les flux commerciaux mondiaux et à faire respecter les réglementations internationales, telles que le Lacey Act américain.
Un programme axé sur l’expertise et le terrain
Pendant cinq jours, les experts échangeront sur des thématiques cruciales pour la transparence du secteur notamment la traçabilité à travers une analyse des dispositifs de garantie de légalité du bois; la surveillance par le renforcement des procédures douanières et des stratégies d’application de la loi et le perfectionnement des techniques d’enquête et des poursuites judiciaires coordonnées.
L’atelier ne se limite pas à la théorie. Les participants effectueront des visites de terrain au sein de concessions forestières gabonaises, d’unités de transformation et d’installations portuaires pour confronter les stratégies aux réalités opérationnelles.
Un enjeu économique et sécuritaire majeur
Le trafic de bois n’est pas seulement une menace écologique ; c’est la troisième forme de criminalité transnationale organisée la plus lucrative au monde, juste après la contrefaçon et les stupéfiants. Ce fléau prive les producteurs légaux et les États de revenus se chiffrant en milliards de dollars chaque année.
Au-delà de la répression, cette rencontre renforce les liens économiques. Le Viet Nam et le Gabon négocient d’ailleurs un protocole d’accord pour formaliser le partage de données commerciales. À terme, cette synergie entre les nations participantes doit permettre de dynamiser le commerce légal tout en érigeant une barrière infranchissable contre l’exploitation forestière illégale.










GMT TV