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Nyanga : après 10 ans d’arrêt, Tchibanga relance enfin l’examen pratique du permis de conduire

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La ville de Tchibanga a renoué, le 16 mai 2026, avec l’organisation de l’examen pratique du permis de conduire, interrompu depuis une décennie. Une reprise saluée par les candidats malgré des difficultés logistiques persistantes et un faible taux de réussite. Au-delà de l’épreuve administrative, c’est tout un enjeu de mobilité, d’emploi et d’insertion professionnelle qui refait surface dans la province de la Nyanga.

Pendant dix ans, les candidats au permis de conduire de Tchibanga ont dû composer avec l’absence d’examens pratiques dans la province. Une situation qui obligeait de nombreux postulants à se déplacer vers d’autres localités, avec des coûts supplémentaires souvent difficiles à supporter. Ce long vide administratif a finalement pris fin le 16 mai dernier avec l’organisation d’une session locale pilotée par la délégation provinciale du permis de conduire de la Nyanga.

Sous la coordination de Thibaut Ulrich Makinda, cette reprise visait à rétablir un service devenu indispensable pour des centaines de jeunes et de travailleurs dont l’accès à l’emploi dépend directement de l’obtention du précieux sésame.

Des résultats faibles mais un signal fort pour la région

Selon les informations relayées par l’Agence gabonaise de presse (AGP), 42 dossiers avaient été enregistrés pour cette session. Mais les résultats obtenus traduisent les nombreuses difficultés qui entourent encore l’organisation des examens pratiques dans la région.

En catégorie CD, un seul candidat a été admis contre cinq recalés. Pour la catégorie A dédiée aux motos, un candidat sur trois a décroché son permis. Quant aux épreuves de catégorie B, elles ont tout simplement été reportées faute de véhicules d’examen disponibles. Des chiffres qui révèlent à la fois la rigueur des évaluations et les limites logistiques persistantes auxquelles reste confrontée l’administration locale.

Malgré cela, plusieurs candidats n’ont pas caché leur satisfaction. « J’ai obtenu mon permis pour la conduite des motos. Je suis venu compléter les pièces post-examen », s’est réjoui Judas Koumba. Même soulagement pour Randy Nziengui Boussougou, désormais titulaire du permis catégorie CD : « J’ai raté plusieurs opportunités faute de permis adapté. Maintenant que je l’ai obtenu, de nombreuses portes s’ouvrent à moi. »

Le permis de conduire, un enjeu social et économique

Dans une province où les opportunités professionnelles restent limitées, le permis de conduire représente bien plus qu’un simple document administratif. Pour beaucoup de jeunes, il constitue un véritable passeport vers l’emploi, notamment dans les secteurs du transport, de la logistique, du commerce ou encore des services.

Cette reprise des examens pratiques intervient également dans un contexte où les autorités cherchent à renforcer la sécurité routière et à mieux encadrer les conducteurs sur le territoire national. Car l’épreuve pratique ne se limite pas à une formalité. Elle vise à évaluer la maîtrise du véhicule, le respect du Code de la route, les capacités d’anticipation ainsi que le comportement du conducteur en situation réelle.

Une reprise attendue mais des défis à relever

Si cette relance est globalement saluée dans la Nyanga, plusieurs défis restent encore à relever pour garantir la pérennité de ces sessions. Le manque de véhicules d’examen, l’insuffisance de moyens logistiques et la nécessité d’organiser des sessions régulières demeurent des préoccupations majeures. Pour de nombreux observateurs, cette reprise constitue néanmoins un premier pas important vers le rétablissement de services administratifs de proximité longtemps défaillants dans l’intérieur du pays.

À Tchibanga, cette session aura surtout permis de redonner un peu d’espoir à une jeunesse souvent confrontée aux obstacles administratifs et au chômage. Car dans bien des cas, obtenir un permis de conduire, c’est aussi retrouver la possibilité de construire un avenir professionnel.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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