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Gabon : le gouvernement engage une réforme pour accélérer la dématérialisation des transactions financières 

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Le gouvernement gabonais entend renforcer l’encadrement juridique des paiements électroniques et accélérer leur adoption dans l’économie nationale. Réuni le jeudi 8 octobre 2026 à Libreville, le Conseil des ministres a examiné un projet de loi portant ratification et modification de l’ordonnance n°0002/PR/2026 du 26 février 2026, fixant les règles applicables aux paiements digitaux. Porté par le ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Doumba, ce texte ambitionne de favoriser l’inclusion financière, de sécuriser le développement des solutions de paiement et d’organiser la transition progressive vers des transactions dématérialisées, aussi bien dans le secteur public que privé.

Au Gabon, la digitalisation des paiements constitue désormais un enjeu qui dépasse la simple modernisation des moyens de règlement. Elle touche directement à la traçabilité des opérations financières, à l’accès des populations aux services financiers et à la compétitivité des entreprises. Dans un environnement où les transactions électroniques occupent une place croissante, l’exécutif souhaite adapter le dispositif juridique national aux évolutions technologiques et aux exigences réglementaires communautaires. La réforme présentée en Conseil des ministres s’inscrit dans cette perspective, avec l’ambition de structurer davantage un écosystème de paiement appelé à jouer un rôle central dans les échanges économiques.

Un cadre juridique pour encadrer les paiements électroniques

Pris en application de l’article 99 de la Constitution, le projet de loi vise à ratifier l’ordonnance du 26 février 2026 tout en modifiant certaines de ses dispositions. Selon le communiqué final du Conseil des ministres, le texte s’inscrit dans le respect de la réglementation de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) relative aux systèmes, moyens et services de paiement. Il doit notamment permettre de mieux encadrer les prestataires proposant des solutions de paiement sur le territoire national.

L’un des enjeux réside dans la consolidation de la confiance des utilisateurs. Le développement des paiements numériques suppose en effet un environnement juridique suffisamment clair pour les opérateurs économiques, les établissements de paiement et les consommateurs. Si le communiqué ne détaille pas les dispositions modifiées par rapport à l’ordonnance initiale, il précise que la réforme entend favoriser l’interopérabilité avec les systèmes régionaux et internationaux. Une orientation susceptible de faciliter les transactions entre différents services, sous réserve de sa traduction effective dans les dispositifs techniques et réglementaires.

Vers une dématérialisation progressive des paiements publics et privés

L’une des principales ambitions affichées concerne la migration progressive vers la dématérialisation des paiements dans les administrations et les entreprises. Cette orientation pourrait, à terme, modifier les pratiques de règlement des prestations, des services et des obligations financières, en réduisant le recours aux transactions exclusivement réalisées en espèces. Pour les administrations publiques, l’enjeu réside notamment dans la possibilité de renforcer la traçabilité des encaissements et des décaissements.

Mais la transition numérique ne saurait se limiter à l’adoption d’un texte législatif. Sa réussite dépendra également de la disponibilité des infrastructures de télécommunications, de la fiabilité des plateformes, des coûts des transactions et de leur accessibilité sur l’ensemble du territoire. Dans les zones où la couverture numérique demeure insuffisante, la généralisation des paiements électroniques pourrait rencontrer des obstacles pratiques. Le défi consistera donc à accompagner la réforme juridique d’une amélioration effective des conditions d’utilisation des services digitaux.

L’inclusion financière au cœur de la réforme

Le gouvernement entend également faire des paiements digitaux un instrument d’inclusion financière. En facilitant l’accès à des solutions de règlement dématérialisées, la réforme pourrait contribuer à élargir l’utilisation des services financiers par les particuliers, les commerçants et les petites entreprises. Pour ces dernières, la disponibilité de moyens de paiement adaptés représente un levier potentiel de développement, notamment dans la gestion des recettes et la formalisation des transactions.

Le communiqué du Conseil des ministres prévoit, à cet effet, la mise en œuvre de programmes de communication, de promotion et d’éducation financière en collaboration avec les établissements de paiement. Ces initiatives devront encourager l’utilisation des outils numériques par les citoyens et les opérateurs économiques. Leur efficacité dépendra toutefois de leur capacité à répondre aux préoccupations concrètes des utilisateurs, notamment en matière de frais, de protection contre la fraude, de sécurité des données et de résolution des litiges liés aux transactions.

Une réforme dont l’efficacité dépendra de son application

En portant cette réforme, le ministère de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation entend poser les bases d’une transformation plus structurée des habitudes de paiement. Le texte ouvre également des perspectives pour la modernisation de la gestion financière publique, dans un contexte où la transparence des opérations et l’efficacité administrative constituent des enjeux récurrents. La dématérialisation pourrait notamment faciliter les contrôles et améliorer le suivi des flux financiers, à condition que les systèmes déployés permettent une vérification fiable des opérations.

Reste désormais à connaître les modifications précises apportées à l’ordonnance initiale, le calendrier de déploiement envisagé et les obligations qui seront imposées aux différents acteurs. Le communiqué ne précise pas encore ces éléments. Pour Mark Doumba et son département ministériel, l’enjeu sera donc de transformer cette évolution législative en dispositifs accessibles, fiables et effectivement utilisés. Car la réussite de la digitalisation des paiements ne se mesurera pas seulement au nombre de textes adoptés, mais à la capacité des Gabonais à effectuer leurs transactions quotidiennes de manière simple, sécurisée et à moindre coût.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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