Gabon : le chantier Lébamba–Mbigou bénéficie d’un renfort budgétaire de 22 milliards FCFA
Alors que le Projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 se traduit par une baisse globale de près de 968 milliards de FCFA des crédits d’investissement de l’État, un projet routier fait figure d’exception. L’aménagement du tronçon Lébamba–Mbigou passe de 3 milliards de FCFA dans la Loi de finances initiale (LFI) à 25 milliards de FCFA dans le PLFR, soit une augmentation de 22 milliards de FCFA. Un signal fort en faveur du désenclavement du sud du Gabon et plus particulièrement du département de la Boumi-Louetsi.
Dans un contexte marqué par des arbitrages budgétaires particulièrement contraints, où plusieurs secteurs stratégiques tels que l’enseignement supérieur, l’agriculture ou encore les mines enregistrent des réductions significatives de leurs crédits d’investissement, le choix du gouvernement d’augmenter substantiellement les ressources destinées à la route Lébamba–Mbigou apparaît comme l’un des faits marquants du PLFR 2026. Le document budgétaire prévoit en effet une enveloppe de 25 milliards de FCFA, contre 3 milliards de FCFA initialement inscrits dans la Loi de finances, soit une progression de 22 milliards de FCFA.
Un choix budgétaire en faveur du désenclavement
Depuis plusieurs années, les populations de la Ngounié, et particulièrement celles du département de la Boumi-Louetsi, attendent la modernisation de cet axe routier considéré comme vital pour les échanges économiques, l’accès aux services publics et la mobilité des personnes.
Le renforcement de cette enveloppe budgétaire traduit une volonté d’accélérer un chantier structurant, appelé à améliorer les conditions de circulation entre Lébamba et Mbigou. Au-delà du simple revêtement d’une route, ce projet pourrait favoriser l’écoulement des productions agricoles, faciliter les déplacements des opérateurs économiques et renforcer l’intégration territoriale de cette partie du pays, longtemps confrontée aux difficultés d’accès. Cette décision intervient également dans un contexte où les autorités affichent leur ambition de réduire les disparités entre Libreville et l’intérieur du pays, en misant sur les infrastructures comme levier de développement local.
Une priorité qui contraste avec les restrictions budgétaires
L’augmentation de 733 % des crédits affectés au tronçon Lébamba–Mbigou contraste avec la tendance générale du PLFR 2026, marqué par une contraction importante des investissements publics. Cette exception traduit un arbitrage politique assumé en faveur d’un projet considéré comme prioritaire. Pour les populations de la Boumi-Louetsi, cette évolution nourrit l’espoir de voir enfin se concrétiser un chantier longtemps attendu. Une route praticable en toute saison représente bien davantage qu’une infrastructure : elle conditionne l’accès aux soins, à l’éducation, aux marchés, ainsi qu’au développement des activités agricoles, commerciales et touristiques.
Car au-delà des montants inscrits dans les documents budgétaires, c’est bien la capacité de l’État à transformer ces crédits en réalisations tangibles qui sera observée par les populations. Pour beaucoup d’habitants de cette partie du Gabon, l’annonce de ces 25 milliards de FCFA constitue une avancée majeure, mais le véritable indicateur de succès sera l’ouverture du chantier et la livraison d’une route durable reliant enfin Lébamba à Mbigou dans des conditions conformes aux attentes des usagers.










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