Gabon : Le calvaire des locataires face à la dictature des «démarcheurs»
À Libreville, la quête d’un toit se transforme de plus en plus en un véritable parcours du combattant. Entre frais de visite injustifiés et absence de cadre légal, les démarcheurs immobiliers sont aujourd’hui la cible d’une colère populaire grandissante.
Dans un contexte économique déjà tendu par la cherté de la vie, un acteur de l’ombre cristallise toutes les frustrations : le démarcheur. Initialement perçu comme un facilitateur, cet intermédiaire est désormais synonyme d’abus pour de nombreux Librevillois. Un micro-trottoir réalisé le 27 avril 2026 par Gabon Média Time lève le voile sur un ras-le-bol généralisé.
Entre pression financière et règne de l’informel
Le grief principal des citoyens repose sur la multiplication des frais. «Pour la visite seulement, tu dois payer. Et si tu prends la maison, tu dois encore payer les frais d’agence », s’indigne un habitant du quartier PK5. Cette double peine financière, souvent exigée sans aucune garantie de succès, pèse lourdement sur le budget des ménages en quête de stabilité.
Le véritable nœud du problème réside dans le caractère sauvage de cette activité. Faute de reconnaissance légale et de régulation, n’importe qui peut s’improviser agent immobilier. À Sogatol, un intervenant souligne cette dérive. « Le concept de démarcheur n’est pas encore encadré. Ils sont dans l’informel total. » Cette opacité laisse le champ libre aux arnaques en tout genre, privant les locataires de tout recours juridique en cas de litige.
L’appel à une reprise en main par l’État
Face à ce chaos, la population réclame une restructuration urgente du marché. Si certains suggèrent de privilégier les agences immobilières professionnelles, encore faut-il que celles-ci soient visibles et accessibles. « Il faudrait qu’elles se fassent davantage identifier », suggère une citoyenne de Mindoubé.
L’urgence d’un cadre réglementaire clair ne fait plus débat. Pour protéger les citoyens et assainir le secteur, les autorités sont désormais attendues au tournant. Sans une intervention ferme pour professionnaliser ces intermédiaires, le cri de détresse des locataires gabonais risque de s’intensifier, transformant l’accès au logement en un privilège hors de portée.
Heldy Oyono, journaliste stagiaire









GMT TV