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AGROPAG : Raymond Ndong Sima contre-attaque face aux critiques sur le projet bovin à 7,2 milliards FCFA

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Accusé depuis plusieurs mois d’opacité et de faibles résultats autour du projet bovin lancé durant la Transition, l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima est sorti de sa réserve. Dans une déclaration au ton offensif, le président du conseil d’administration de la Société Agro Pastorale du Gabon (AGROPAG) dénonce une campagne de dénigrement orchestrée contre un projet financé à hauteur de 7,2 milliards FCFA par l’État gabonais. L’ancien chef du gouvernement rejette toute accusation de détournement ou d’inexistence du projet et affirme que les réalisations sont visibles sur le terrain.

Le ton est direct, parfois mordant, et surtout inhabituellement offensif. Face aux critiques persistantes visant le projet bovin lancé durant la Transition, Raymond Ndong Sima a choisi de rompre le silence. Dans une longue mise au point publiée ce week-end, l’ancien Premier ministre et actuel président du conseil d’administration de l’AGROPAG dénonce ce qu’il qualifie de campagne organisée contre sa personne et contre un projet qu’il dit avoir « initié et conduit » avec les financements publics confiés par le président de la Transition.

« Depuis un bon moment un certain nombre de personnes, dans une charge qui semble coordonnée, attaquent le projet bovin que j’ai initié et conduit pendant la transition avec les 7,2 milliards qui m’ont été publiquement confiés par le Président de la Transition », écrit-il.

Au cœur des critiques : le montant engagé, jugé important par certains observateurs, face à des résultats que ses détracteurs estiment insuffisamment visibles sur le terrain. Sur les réseaux sociaux comme dans certains cercles politiques, plusieurs voix évoquent un « élevage invisible », dénonçant « des cérémonies, des discours et des chiffres » plus que des résultats concrets.

Une défense fondée sur les réalisations visibles

Pour Raymond Ndong Sima, ces accusations relèvent davantage de la mauvaise foi que d’une véritable analyse du projet. L’ancien chef du gouvernement rappelle notamment que l’arrivée des premiers bovins au port d’Owendo en janvier 2025 avait été retransmise par les médias publics, tout comme les visites officielles effectuées sur le site de Ndendé. « L’arrivée des bœufs au port d’Owendo en janvier 2025 retransmis par la télévision nationale était un enfumage ? La visite du chef de l’État sur le site de Ndendé et les vaches qu’il y a vues étaient un leurre ? », interroge-t-il avec ironie.

L’ancien Premier ministre affirme également qu’une délégation parlementaire accompagnée d’une équipe de presse s’était déjà rendue sur le site du projet à Ndendé. Une visite qui, selon lui, aurait dû permettre de constater l’existence effective des infrastructures et du cheptel.

Au-delà de la polémique, cette sortie traduit aussi un malaise plus profond autour de la communication gouvernementale sur certains grands projets agricoles lancés durant la Transition. Car si les autorités mettent régulièrement en avant la souveraineté alimentaire et le développement de l’agriculture, plusieurs projets continuent de susciter des interrogations dans l’opinion sur leur niveau réel d’exécution et leur impact concret.

Une bataille politique autour de l’image

La déclaration de Raymond Ndong Sima prend également une dimension politique assumée. L’ancien Premier ministre estime être personnellement visé par des attaques destinées à ternir son image publique. « Vouloir se faire un nom en essayant de traîner dans la boue une personnalité, ça a certainement payé dans le passé ; ça paie sans doute encore aujourd’hui », écrit-il. Il assure par ailleurs n’avoir bénéficié d’aucun avantage personnel lié au projet, affirmant n’avoir perçu « aucun salaire, aucune prime, aucun perdiem », ni même de véhicule de fonction dans le cadre de cette mission.

Cette prise de parole intervient dans un contexte où les attentes autour des projets agricoles sont particulièrement fortes. Entre inflation alimentaire, dépendance aux importations et quête de souveraineté alimentaire, chaque investissement public dans le secteur agricole est désormais scruté avec attention par une opinion de plus en plus exigeante sur la transparence et les résultats.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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