Gabon : asphyxiés par les taxes douanières, transporteurs et commerçants suspendent leurs activités
Les transporteurs routiers et commerçants approvisionnant Libreville depuis le Cameroun ont décidé de suspendre leurs activités pour dénoncer la multiplication des prélèvements auxquels ils disent être confrontés sur les routes. Réunis au sein d’un collectif, ces opérateurs économiques pointent notamment les sommes exigées à différents postes de contrôle dans le Woleu-Ntem et les amendes liées au pont-bascule de Ndjolé. Contacté par Gabon Media Time ce 29 octobre 2026, le collectif appelle les autorités compétentes à intervenir face à une situation qui, selon ses membres, fragilise le transport des marchandises et risque de peser davantage sur les consommateurs.
D’après les témoignages recueillis, le trajet entre le Grand Nord et Libreville est devenu particulièrement éprouvant pour les transporteurs. En effet, ces derniers dénoncent des montants qu’ils estiment arbitraires, exigés à l’entrée et à la sortie de certaines localités par différents services et collectivités. « À Bitam, par exemple, un camion de 10 roues devrait verser 20 000 FCFA, contre 30 000 FCFA pour un semi-remorque » explique le collectif. À Oyem et à Mitzic, les sommes réclamées atteindraient respectivement 15 000 et 10 000 FCFA. Les routiers évoquent également des paiements aux barrières de police et contestent la légalité de ces pratiques.
Des amendes qui alourdissent les charges
Au-delà de ces prélèvements, le pont-bascule de Ndjolé dans la province du Moyen-Ogooué cristallise une autre partie des griefs. Les transporteurs remettent en cause la fiabilité des pesées effectuées sur cet équipement, affirmant que certains camions transportant des produits alimentaires sont déclarés en surcharge, parfois avec des tonnages qu’ils jugent incohérents. A ce propos, l’un des membres du collectif rapporte avoir écopé d’une amende de 712 000 FCFA pour un chargement de bananes. D’autres sanctions atteindraient 1 000 000 voire 1,3 million de FCFA. Des immobilisations de plusieurs jours sont également évoquées, le temps de trouver une issue à ces litiges.
Allant plus loin, les routiers affirment que certains chauffeurs en viennent à négocier des paiements informels pour éviter le passage au pont-bascule. Selon leurs déclarations, ces sommes, initialement comprises entre 40 000 et 50 000 FCFA, pourraient désormais atteindre 200 000 FCFA. Des allégations qui appellent à des vérifications sur le terrain afin d’établir les faits et de déterminer les responsabilités.
Entre dénonciations et attente de solutions
A travers la suspension de leurs activités, transporteurs et commerçants entendent ainsi attirer l’attention sur des pratiques qu’ils jugent pénalisantes pour leur travail et pour l’approvisionnement du pays.Pour ces opérateurs, l’enjeu dépasse leurs seules charges professionnelles car les difficultés rencontrées sur cet axe pourraient également affecter la disponibilité des marchandises et les prix payés par les ménages. En l’absence de mesures concrètes et de réponses aux préoccupations soulevées, le collectif redoute que cette situation ne perdure, au risque de prolonger la suspension des activités et de fragiliser davantage le circuit de ravitaillement.








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