France : une initiative gabonaise à Nice pour relancer la coopération économique

À Nice, dans les Alpes-Maritimes, une initiative portée par des acteurs gabonais et soutenue par la municipalité vise à relancer la coopération économique entre la France et l’Afrique. Au cœur de cette dynamique, la Fédération des Communautés Africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco ambitionne de repositionner le Gabon comme un pont stratégique entre les deux espaces.
Dans un contexte de recomposition des relations entre la France et le continent africain, des initiatives locales émergent pour redéfinir les bases d’une coopération plus équilibrée et orientée vers les résultats. À Nice, cette dynamique prend forme autour d’un projet structurant impulsé par la Fédération des Communautés Africaines des Alpes-Maritimes et de Monaco (FCAAM), dirigée par le Gabonais Hugues Ongoundou. Cette démarche s’inscrit dans une volonté plus large de redonner du contenu économique à des relations historiques parfois jugées en perte de vitesse, en misant sur des partenariats concrets entre territoires, entreprises et institutions.
Nice, point d’ancrage d’une nouvelle dynamique économique
Soutenu par les autorités locales, notamment Pierre Ippolito, deuxième adjoint au maire chargé de l’économie, et Dario Luchtmaya, adjoint en charge de la francophonie et du monde associatif, le projet vise à structurer un espace d’échanges économiques entre les Alpes-Maritimes et plusieurs pays africains.
L’ambition est claire : créer un événement annuel réunissant les acteurs économiques, les chambres de commerce et les organisations patronales afin de favoriser les investissements croisés. « Il s’agit de bâtir des collaborations gagnant-gagnant », explique l’entourage du projet, mettant en avant une approche pragmatique axée sur les opportunités d’affaires.
Pour les initiateurs, Nice pourrait ainsi devenir une plateforme d’interconnexion entre l’Europe et l’Afrique, avec le Gabon comme porte d’entrée stratégique.
Le Gabon au cœur d’un repositionnement stratégique
Au centre de cette initiative, le Gabon est présenté comme un levier de relance des relations économiques franco-africaines. Le projet entend notamment s’appuyer sur un héritage institutionnel ancien : le jumelage entre la ville de Nice et le Gabon, établi il y a plus de cinquante ans, mais resté largement inactif. « Il faut redéfinir ce jumelage pour le rendre utile et productif », plaide Hugues Ongoundou, qui ambitionne d’en faire un instrument de coopération économique moderne.
Dans cette perspective, l’organisation de la première édition de l’événement à Nice pourrait être suivie d’une seconde édition au Gabon, marquant ainsi une volonté de rééquilibrage des échanges et de valorisation du territoire national.
Vers une coopération renouvelée entre la France et l’Afrique
Au-delà de l’initiative locale, ce projet traduit une évolution plus profonde : celle d’une coopération appelée à se réinventer. Entre attentes africaines de souveraineté économique et volonté française de maintenir des liens structurants, les initiatives hybrides comme celle portée à Nice apparaissent comme des laboratoires de nouvelles pratiques.
Le Gabon, par sa position géographique, ses ressources et sa stabilité relative, pourrait jouer un rôle pilote dans cette reconfiguration. En s’appuyant sur des acteurs de la diaspora et des collectivités locales, cette approche contourne les circuits traditionnels pour privilégier des partenariats opérationnels.
Reste désormais à traduire cette ambition en résultats concrets. Car au-delà des intentions, c’est bien la capacité à générer des investissements, des emplois et des projets structurants qui déterminera la portée réelle de cette initiative.









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