Eramet Comilog : plus de 1,1 milliard de FCFA mobilisé pour financer 197 projets entrepreneuriaux locaux
Le partenariat entre l’État gabonais et Eramet Comilog accorde, pour la première fois dans son rapport annuel, un volet distinct à la diversification économique. À travers un fonds d’amorçage, des programmes d’accompagnement entrepreneurial et plusieurs projets productifs dans les territoires, le dispositif affiche 1,170 milliard de FCFA engagé au bénéfice de 197 projets locaux. Une orientation qui entend faire évoluer la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) d’une logique principalement infrastructurelle vers la création d’activités économiques et d’emplois durables.
La diversification économique prend une place nouvelle dans le bilan du partenariat entre l’État gabonais et Eramet Comilog. Dans la continuité de la feuille de route « Act for Positive Mining », l’ambition affichée consiste à utiliser les mécanismes de RSE pour soutenir l’entrepreneuriat, développer des activités productives et favoriser l’autonomisation économique des communautés. Une approche particulièrement stratégique dans les territoires concernés par l’activité minière et le corridor du Transgabonais, où la question de l’après-investissement infrastructurel renvoie directement à la capacité des populations à tirer durablement parti de l’activité économique.
1,170 milliard de FCFA pour 197 projets
Le fonds d’amorçage, dans sa deuxième phase, constitue l’un des principaux instruments de cette politique. Son fonctionnement repose sur un mécanisme de garantie financière auprès de quatre établissements de microfinance, FINAM, EDG, BAMBOO et SODEC, afin de faciliter l’accès des très petites entreprises et entrepreneurs individuels à des crédits à taux préférentiels.
Depuis son lancement, 1,170 milliard de FCFA ont ainsi été engagés pour financer 197 projets locaux. Pour la seule année 2025, 44 projets ont bénéficié de 260 millions de FCFA. Les financements concernent plus d’une dizaine de secteurs, notamment l’agriculture, l’artisanat, les transports, les services et le numérique, dans les provinces traversées par le Transgabonais. À ce financement s’ajoute un volet d’accompagnement : 138 entrepreneurs ont participé aux ateliers « Les Cafés Business », tandis que 1 078 élèves issus de dix lycées ont été sensibilisés à l’entrepreneuriat.
De l’aide ponctuelle aux chaînes de valeur
À Djoutou, la création d’une miellerie communautaire fournit une première illustration de cette stratégie. Exploitée par une coopérative réunissant six villages, l’unité de 200 m² est entrée en production en novembre 2025. Selon les données communiquées, elle a permis la création de dix emplois directs et produit plus de 250 kilogrammes de miel biologique. La cire d’abeille est également transformée en bougies artisanales, permettant d’élargir la valorisation économique de la production.
Une autre approche est expérimentée avec le programme « 1 Taxi, un Emploi, un Avenir », déployé à Franceville, Moanda et Mounana. Vingt jeunes chauffeurs ont été sélectionnés pour bénéficier d’un mécanisme leur permettant de devenir progressivement propriétaires de véhicules neufs géolocalisés sur une période de quatre ans. Ici, l’objectif n’est plus uniquement de financer une activité, mais de permettre au bénéficiaire de constituer progressivement un actif professionnel susceptible de sécuriser son emploi.
Bakoumba, laboratoire d’une économie productive
Le Projet agro-sylvo-pastoral de Bakoumba (PAB) pousse davantage la logique d’intégration économique. Doté d’une enveloppe de 967,5 millions de FCFA, il associe plusieurs activités, parmi lesquelles la pisciculture, la production de champignons et d’huile de ricin ainsi qu’une unité de fabrication d’aliments pour bétail devant être approvisionnée par des agriculteurs locaux.
Cette organisation vise à ne plus considérer chaque activité de manière isolée, mais à structurer progressivement une chaîne de valeur territoriale. L’enjeu réside notamment dans la capacité à connecter producteurs, transformation et débouchés commerciaux. Car le financement d’une unité de production ne garantit pas, à lui seul, sa pérennité : l’accès aux marchés, la régularité des approvisionnements, les compétences de gestion et la viabilité économique demeurent déterminants.
La RSE confrontée à l’épreuve de la pérennité
L’évolution engagée marque ainsi une inflexion intéressante de la RSE minière. Routes, bâtiments et équipements collectifs restent importants, mais la création d’entreprises et d’activités capables de survivre indépendamment du financement initial pose une ambition différente : transformer une partie de la richesse issue de l’exploitation minière en capacités productives locales.
La prochaine étape sera celle de l’évaluation. Au-delà des 197 projets financés et des montants engagés, il faudra mesurer le nombre d’entreprises toujours actives après plusieurs années, les emplois effectivement pérennisés, les revenus générés et la capacité des projets à accéder à des marchés sans dépendre continuellement de l’appui d’Eramet Comilog. C’est à cette condition que la diversification économique territoriale pourra dépasser le registre de la RSE pour devenir, à son échelle, un véritable instrument de politique productive gabonaise.










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