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Commerce des armes : le Gabonais Roll Stéphane Ngomat appelle l’Afrique à passer des engagements aux actes

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À Genève, le diplomate gabonais Roll Stéphane Ngomat, président de l’Union Paix et Sécurité Africaine (APSU), a appelé les États africains à traduire leurs engagements internationaux sur le commerce des armes en politiques nationales effectives. Intervenant dans le cadre de la douzième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes (TCA), il a insisté sur la nécessité de transposer les dispositions du traité dans les législations nationales, de financer leur application et d’adopter des plans d’action face à la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre.

Signer et ratifier un traité ne suffit pas si les engagements pris restent sans traduction dans les législations, les budgets et les politiques publiques. C’est, en substance, le message porté par Roll Stéphane Ngomat devant les participants à la douzième Conférence des États parties au Traité sur le commerce des armes. Face aux conséquences sécuritaires de la circulation incontrôlée des armes en Afrique, le diplomate gabonais plaide pour une appropriation beaucoup plus forte de cet instrument par les États du continent.

Faire du TCA une politique nationale

Pour Roll Stéphane Ngomat, la première urgence consiste à sortir le Traité sur le commerce des armes du seul champ diplomatique pour l’intégrer pleinement dans les dispositifs nationaux. « Il est urgent que les États parties s’approprient pleinement le Traité sur le commerce des armes, en assument la responsabilité et y consacrent les ressources financières nécessaires à sa mise en œuvre effective », a-t-il déclaré.

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Le président de l’APSU appelle notamment les États qui ne disposent toujours pas de plans d’action nationaux à les élaborer, tandis que ceux qui en sont déjà dotés devraient, selon lui, les mettre en œuvre « sans délai et de bonne foi ». Cette appropriation suppose que les engagements internationaux trouvent une traduction concrète dans les lois nationales, les mécanismes de contrôle, les administrations compétentes et surtout les budgets publics.

Des armes qui alimentent les crises africaines

L’enjeu est particulièrement sensible pour le continent africain, confronté à plusieurs foyers d’instabilité et à la circulation d’armes qui peuvent échapper aux circuits officiels. Les armes légères et de petit calibre constituent une préoccupation majeure en raison de leur capacité à circuler entre territoires et à alimenter aussi bien les groupes armés que les réseaux criminels.

« Le commerce illicite et le détournement d’armes légères et de petit calibre alimentent la violence armée, le terrorisme et le crime organisé », a insisté Roll Stéphane Ngomat. Selon son analyse, les détournements peuvent intervenir à différents niveaux, notamment à partir de stocks nationaux ou au cours de la chaîne d’approvisionnement, avec le risque de voir ces équipements tomber entre les mains de groupes armés non étatiques.

De la coopération internationale à la responsabilité des États

Face au caractère transnational de ces trafics, le diplomate gabonais défend également une coordination entre les gouvernements, le secteur privé et les partenaires internationaux. La circulation illicite des armes ne s’arrête pas aux frontières nationales et impose, de ce fait, des mécanismes de coopération capables de renforcer la traçabilité, le contrôle des transferts et la prévention des détournements.

Le Traité sur le commerce des armes, entré en vigueur le 24 décembre 2014, fournit précisément un cadre international pour réglementer les transferts d’armes conventionnelles et prévenir leur commerce illicite ainsi que leur détournement. Selon les éléments présentés dans le document source, 118 États en sont parties et 25 autres l’ont signé sans l’avoir encore ratifié. La difficulté demeure cependant l’écart pouvant exister entre l’adhésion formelle à ces principes et leur application effective.

Pour l’Afrique, l’enjeu de l’application

L’intervention de Roll Stéphane Ngomat replace ainsi la responsabilité des gouvernements africains au centre du débat. Si les mécanismes internationaux et la coopération extérieure demeurent nécessaires, la lutte contre la prolifération des armes ne peut produire de résultats durables sans administrations nationales suffisamment équipées, dispositifs de contrôle opérationnels et financements adaptés.

Pour le président de l’APSU, cette appropriation doit participer à une ambition plus large de paix et de prospérité sur le continent. Elle rejoint son plaidoyer en faveur de solutions africaines aux défis sécuritaires africains et d’une implication accrue des institutions, de la société civile, des jeunes et des femmes. À Genève, son message tient finalement en une exigence : pour les États africains, le véritable test du Traité sur le commerce des armes ne réside plus seulement dans les signatures apposées au bas du texte, mais dans sa capacité à devenir une politique publique effectivement appliquée.

Casimir Mapiya

« Le journaliste est un interprète de la curiosité publique.» Bernard Pivot Bernard Pivot

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