CNAMGS : le Registre social unifié de Franck Nguema, clé de voûte pour le suivi des assurés ?
Le 16 juin 2026, la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) a publié un communiqué qui n’a pas manqué de faire réagir. L’institution chargée de garantir l’accès aux soins de santé a annoncé la suspension des droits de deux catégories d’ayants droit. Les personnes âgées de plus de 6 ans dont le dossier ne comporte aucune photographie et celles de plus de 21 ans qui ont dépassé l’âge limite de prise en charge. La CNAMGS justifie cette décision par la nécessité de renforcer la fiabilité de son fichier des bénéficiaires. Toutefois, le défi ne se limite pas à la mise à jour des informations individuelles, mais concerne l’existence d’un dispositif capable d’assurer un suivi permanent, cohérent et fiable de l’ensemble des assurés sociaux.
L’ouvrage récemment publié par l’ancien ministre des Sports, Franck Nguema, offre une lecture efficace de cette situation, notamment après la suspension des droits de 122 602 ayants droit. Dans son Essai politique et social sur la lutte contre la pauvreté au Gabon, il défend la création d’un Registre social unifié (RSU) afin de renforcer les politiques publiques de solidarité. Selon lui, cet outil permettrait d’identifier avec davantage de précision les populations vulnérables tout en constituant une véritable infrastructure de référence. Une telle base de données offrirait à la CNAMGS un instrument de contrôle plus performant que les simples vérifications administratives réalisées au cas par cas.
Le RSU, outil clé du processus de transformation de la CNAMGS
Dans son fonctionnement actuel, la CNAMGS demeure largement dépendante des déclarations effectuées par les assurés lorsqu’un changement intervient dans leur situation familiale ou professionnelle. Ce mode de gestion présente des limites évidentes, car il repose essentiellement sur la déclaration volontaire des bénéficiaires. À l’inverse, le Registre social unifié proposé par Franck Nguema s’appuie sur un recensement exhaustif des ménages ainsi que sur un enregistrement organisé selon des méthodes de ciblage géographique. Cette approche permettrait de disposer d’informations actualisées et homogènes sur l’ensemble des bénéficiaires potentiels. Le RSU deviendrait ainsi un référentiel national capable d’accompagner les politiques sociales et d’assurer une meilleure cohérence entre les différentes administrations.
Si l’objectif poursuivi par les autorités consiste à déterminer avec précision les personnes qui peuvent bénéficier de la solidarité nationale, le Registre social unifié constituerait une réponse structurelle à cette ambition. Relié aux fichiers des employeurs, aux déclarations des salariés ainsi qu’aux bases de données des agents de l’État, il faciliterait la détection automatique des situations irrégulières et limiterait les risques de fraude. Ce croisement des informations renforcerait la transparence et simplifierait les opérations de contrôle. Dans un contexte où les services de l’État recensent plus de 1,2 million d’ayants droit pour environ 600 000 cotisants, un tel outil offrirait à la CNAMGS les moyens de réaliser un toilettage efficace de son fichier.










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