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RDC : plus de 900 condamnés à mort entre 2024 et 2025

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Deux ans après la fin de la suspension des exécutions, la justice congolaise multiplie les verdicts capitaux. Entre insécurité grandissante et vives contestations de la société civile, le retour de la peine de mort plonge le pays au cœur d’un débat national passionné.

Le chiffre donne le tournis et illustre un virage judiciaire brutal. Selon un rapport alarmant publié en avril 2026 par l’organisation Ensemble contre la peine de mort en RDC, plus de 900 personnes ont été condamnées à la peine capitale entre 2024 et 2025.

Sur l’ensemble du territoire national, ce sont aujourd’hui plus de 1 400 détenus qui croupissent dans l’attente d’un verdict suprême, répartis dans au moins 19 établissements pénitentiaires. Cette statistique sombre hisse la République démocratique du Congo au deuxième rang des pays africains comptant le plus grand nombre de condamnés à mort, juste derrière le Nigeria.

Sécurité nationale contre droits humains : le grand écart

Cette accélération fait suite à la décision forte du président Félix Tshisekedi, qui a acté en 2024 la levée du moratoire en vigueur depuis plus de deux décennies. Face à l’insécurité chronique et aux accusations récurrentes de trahison au sein des forces armées, le pouvoir central a voulu frapper fort pour restaurer l’autorité de l’État.

Sur le terrain, la mesure continue pourtant de diviser profondément la société. Pour les partisans de la fermeté, à l’instar du consultant douanier Emmanuel Agagu, ce châtiment ultime demeure indispensable pour « arrêter l’hémorragie de la trahison » et punir à la hauteur des crimes commis.

De l’autre côté, les défenseurs des droits humains, la pilule ne passe pas. Jean-Claude Katende, président de l’Asadho, dénonce fermement une décision qui viole ouvertement les engagements internationaux souscrits par la RDC.

Une arme politique à l’efficacité incertaine

Au-delà de la question morale, l’efficacité de la peine capitale comme outil de dissuasion fait réagir les juristes. L’avocat Liévin Ngondji rappelle d’ailleurs un précédent historique marquant : sous la présidence de Laurent-Désiré Kabila, des centaines de personnes avaient été exécutées sans que la criminalité ne baisse pour autant. Pour l’homme de loi, la mesure relève davantage du calcul politique que d’une solution pénale viable.

Bien que le couperet de la justice continue de tomber dans les prétoires, aucune exécution n’a été officiellement recensée depuis 2024. La RDC se retrouve ainsi à la croisée des chemins, tiraillée entre sa volonté de fermeté sécuritaire et l’obligation de préserver les droits fondamentaux.

Heldy Oyono, Journaliste Stagiaire

Gabon Media Time

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