BVMAC : le Gabon lève 106 milliards de FCFA et pulvérise ses objectifs
Libreville continue de dicter le tempo sur le marché financier de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac). L’État gabonais a franchi une nouvelle étape le 18 mai dernier en procédant à la première cotation de son emprunt obligataire par tranches, baptisé « EOG 2025 à tranches multiples 2 », à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). Cette introduction fait suite à une campagne de levée de fonds qui a pulvérisé toutes les prévisions initiales.
Alors que les autorités gabonaises ambitionnaient de collecter 50 milliards de FCFA pour soutenir les finances publiques, l’engouement des investisseurs a balayé cet objectif. Les souscriptions ont afflué pour atteindre un montant spectaculaire de 106,48 milliards de FCFA. Ce résultat équivaut à un taux de réalisation exceptionnel de 212,95 %. ù
Des fonds assignées aux dépenses publiques
Selon la société de bourse ESS Bourse, qui a orchestré l’opération en tant qu’arrangeur principal, l’offre a excédé la demande initiale de près de 56,5 milliards de FCFA. Dans un contexte économique où la couverture des dépenses publiques exige des ressources substantielles, ce plébiscite envoie un signal de confiance majeur quant à la signature souveraine du Gabon.
Dans le détail, les données de la BVMAC indiquent que 10,65 millions de titres ont été admis sur le compartiment obligataire. Ces obligations se structurent autour de deux maturités distinctes : la ligne « EOG 5,8 % NET 2025-2027 II », qui concentre la part du lion avec 85,2 milliards de FCFA, et la ligne « EOG 6 % NET 2025-2028 II », qui s’élève à 21,26 milliards de FCFA.
Bien que la première journée de cotation se soit clôturée sans aucun échange de titres, le cours des deux obligations est demeuré parfaitement stable, s’établissant à 100 % de leur valeur nominale, fixée à 10 000 FCFA l’unité.
Grâce à cette nouvelle opération, la masse globale des dettes cotées à la bourse régionale frôle désormais la barre des 1 492 milliards de FCFA. Le Gabon y consolide une position ultra-dominante : avec environ 784 milliards de FCFA d’obligations souveraines en circulation sur cette place d’Afrique centrale, le pays représente à lui seul plus de la moitié du marché obligataire de la zone. Au-delà du succès technique, cette levée de fonds illustre la maturité de Libreville dans l’exploitation des mécanismes boursiers régionaux pour financer son développement sur le long terme.









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