Lutte contre la corruption : le Gabon passe du statut de pays évalué à celui d’État évaluateur de l’ONU
Le Gabon franchit une nouvelle étape dans son repositionnement diplomatique. Après avoir achevé avec succès son propre deuxième cycle d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC), le pays a été désigné par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour conduire, aux côtés de l’Uruguay, l’évaluation de la République des Seychelles. Une mission qui consacre le retour du Gabon parmi les États appelés à contribuer aux mécanismes internationaux de gouvernance.
Le Gabon renforce son statut sur la scène internationale. Du 8 au 10 juillet 2026, une délégation gabonaise séjourne à Victoria, aux Seychelles, pour conduire l’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) dans cet État insulaire de l’océan Indien.
Cette mission intervient à la suite d’un tirage au sort organisé par l’ONUDC dans le cadre du deuxième cycle du mécanisme d’examen de la Convention. Le Gabon a ainsi été désigné, conjointement avec l’Uruguay, pour évaluer les dispositifs seychellois de prévention de la corruption et de recouvrement des avoirs.
Du pays évalué au pays évaluateur
Cette désignation revêt une portée particulière. Il y a quelques jours encore, le Gabon accueillait à Libreville les experts internationaux chargés d’évaluer son propre dispositif national de lutte contre la corruption. Après avoir satisfait aux exigences de ce deuxième cycle d’examen, le pays endosse désormais le rôle d’État évaluateur, une responsabilité réservée aux États parties appelés à apprécier les mécanismes de gouvernance de leurs homologues.
Ce changement de statut traduit la confiance accordée par les Nations Unies aux institutions gabonaises et à leurs experts en matière de transparence, d’intégrité publique et de coopération internationale.
Séraphin Ondoumba conduit la délégation gabonaise
Pour cette mission officielle, le président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), Nestor Mbou, a mandaté Séraphin Ondoumba, commissaire-membre, expert gouvernemental et point focal national auprès de l’ONUDC, afin de conduire la délégation gabonaise.Il est accompagné de Silvère Nzamba, expert gouvernemental au sein de la Commission.
Pendant trois jours, les experts gabonais examineront, avec leurs homologues uruguayens et les spécialistes de l’ONUDC, les mécanismes mis en œuvre par les Seychelles en matière de prévention de la corruption, de transparence des institutions publiques et de recouvrement des avoirs issus d’infractions de corruption.
Le symbole d’un retour sur la scène internationale
Au-delà de son caractère technique, cette mission illustre le repositionnement progressif du Gabon dans les grandes enceintes internationales. En étant appelé à évaluer un autre État partie à la Convention des Nations Unies contre la corruption, le Gabon confirme sa volonté de participer activement à la promotion des standards internationaux de bonne gouvernance.
Cette nouvelle responsabilité vient renforcer la crédibilité du pays sur les questions de gouvernance publique et témoigne de son retour dans les mécanismes multilatéraux où l’expertise, la coopération et la confiance entre États constituent les principaux leviers d’action.










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